Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
23 août 2025 6 23 /08 /août /2025 12:54

Par un de ces jours de tristes remuements, où l'on brasse les vieux livres exhalant leur haleine fétide de papier mal vieilli, pages jaunies et tachées, couvertures souples malmenées, dos incurvés d'où souvent la reliure s'évade... qu'il faut ranger et dont on s'attriste de les voir si défaits, où l'on se mêle, aussi, de faire le tri dans cette foule d'objets conservés au fil des années, qui vous ancrent pire qu'un poids de plomb dans votre passé un passé si heureux qu'il vous blesse aux larmes d'être à jamais révolu ou, au contraire, empreint de paroles, de gestes si affligeants que l'on meurt intérieurement de les avoir prononcés, commis et de ne pouvoir les effacer ces quelques mots ont jailli au détour d'une tâche qu'ils ont coupée net: il fallait qu'ils se fissent une place, ils ont écarté de leur puissante irruption tout autre pensée. Je les jette là presque tels quels et n'ajoute que ce prologue... et cette image, une «captation Galaxyque» éhontément bidouillée avec paintnet...

À vous qui n'êtes plus là et dont l'absence chaque jour me pèse davantage quand, de votre vivant, je m'ingéniais à vous faire souffrir...

C'est un déchirement, un atroce déchirement aux confins du supportable que de contempler, au seuil de la vieillesse, l'étendue de mes renoncements, l'insondable abîme de mes refus et révoltes injustifiés, d'autant plus violents, et destructeurs pour autrui qu'ils étaient sans raison (sans raison valable j'entends). L'éternité post-mortem ne me suffira pas (que dire alors du peu de temps qu'il me reste à vivre) à demander pardon à tous ceux que j'ai martyrisés et qui, malgré tout, m'ont aimée, protégée ô si près de leur cœur tenue. Quand moi je tâchais de battre des ailes pour m'éloigner, sans y arriver et préférant agresser à coups de griffes, me débattre en hurlant plutôt que de chercher une voie d'affranchissement qui ne fût meurtrière pour personne. 

Où donc la voie d'une rédemption quand on n'a le secours d'aucune foi? 

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Terres nykthes
  • : Ce blog au nom bizarre consonant un rien "fantasy" est né en janvier 2009; et bien que la rubrique "archives" n'en laisse voir qu'une petite partie émergée l'iceberg nykthéen est bien enraciné dans les premiers jours de l'an (fut-il "de grâce" ou non, ça...) 2009. C'est un petit coin de Toile taillé pour quelques aventures d'écriture essentiellement vouées à la chronique littéraire mais dérivant parfois - vers où? Ma foi je l'ignore. Le temps le dira...
  • Contact

Aux Manettes...

  • Yza
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui

Recherche

Articles Récents

  • Eclipse, absence, silence - c'est tout un...
    En ce mercredi 12 août 2026, tandis que s’en vient, en soirée, une éclipse quasi totale de soleil visible depuis... là où je me trouve (le Sud-Ouest) et dans des conditions optimales (ciel entièrement dégagé, pas de nuages prévus) je vérifie enfin, après...
  • Ô pâle
    Hâve comme un regard triste, L’aurore d’hiver à la traîne Vacille, trébuche — Et verse à terre. Le jour est mort.
  • Griffer le jour d'un paraphe d'humeur...
    Je regarde par la fenêtre, en même temps qu’au-dedans de moi et par-delà les souvenirs. Et… Ô l’humide et froide saison ! L’implacable et glacial hiver, Gris et bas – sans horizon aucun Et sa lente submersion intérieure Où l’âme se noie sans jamais mourir...
  • Fatal engrenage
    Robert Crais, Otages de la peur (traduit de l’anglais – États-Unis – par Hubert Tézenas), club France Loisirs 2002 (avec l’accord des éditions Belfond) – 498 pages. C’est le nom du romancier qui m’a poussée à prendre ce livre bien que je n’aie pas été,...
  • Racler les abysses...
    Il est là, bien rangé sur l’étagère de la boîte à livres – un épais volume avec sa reliure rigide et sa jaquette illustrée, typique des éditions France Loisirs ou Grand Livre du mois… rien de très bilbiophilique mais enfin: l’objet semble en très bon...

Pages