Par un de ces jours de tristes remuements, où l'on brasse les vieux livres exhalant leur haleine fétide de papier mal vieilli, pages jaunies et tachées, couvertures souples malmenées, dos incurvés d'où souvent la reliure s'évade... qu'il faut ranger et dont on s'attriste de les voir si défaits, où l'on se mêle, aussi, de faire le tri dans cette foule d'objets conservés au fil des années, qui vous ancrent pire qu'un poids de plomb dans votre passé – un passé si heureux qu'il vous blesse aux larmes d'être à jamais révolu ou, au contraire, empreint de paroles, de gestes si affligeants que l'on meurt intérieurement de les avoir prononcés, commis et de ne pouvoir les effacer – ces quelques mots ont jailli au détour d'une tâche qu'ils ont coupée net: il fallait qu'ils se fissent une place, ils ont écarté de leur puissante irruption tout autre pensée. Je les jette là presque tels quels et n'ajoute que ce prologue... et cette image, une «captation Galaxyque» éhontément bidouillée avec paintnet...
/image%2F0577559%2F20250823%2Fob_7e5f73_tn-23-08-25v3.jpg)
À vous qui n'êtes plus là et dont l'absence chaque jour me pèse davantage quand, de votre vivant, je m'ingéniais à vous faire souffrir...
C'est un déchirement, un atroce déchirement aux confins du supportable que de contempler, au seuil de la vieillesse, l'étendue de mes renoncements, l'insondable abîme de mes refus et révoltes injustifiés, d'autant plus violents, et destructeurs pour autrui qu'ils étaient sans raison (sans raison valable j'entends). L'éternité post-mortem ne me suffira pas (que dire alors du peu de temps qu'il me reste à vivre) à demander pardon à tous ceux que j'ai martyrisés et qui, malgré tout, m'ont aimée, protégée – ô si près de leur cœur tenue. Quand moi je tâchais de battre des ailes pour m'éloigner, sans y arriver et préférant agresser à coups de griffes, me débattre en hurlant plutôt que de chercher une voie d'affranchissement qui ne fût meurtrière pour personne.
Où donc la voie d'une rédemption quand on n'a le secours d'aucune foi?