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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 12:07

Attablée dans un café, devant un thé chaud bien réconfortant quand, dehors, sévit un froid vif, j’attends en rêvant, n’attachant ma pensée à rien, les yeux errant au-dehors. Derrière la baie vitrée la vie urbaine défile, vibrante – la circulation automobile est dense, les bus peinent un peu malgré les couloirs qui leur sont réservés, les gens passent. Emmitouflés, le nez levé cependant pour ne rien perdre du soleil qui sourd à grands flots d’un ciel clair et dégagé. Qui est-elle cette dame qui tout d’un coup s’arrête un instant, hésite, le temps de regarder à l’intérieur, puis repart? Je la découvre en visualisant la photo numérique que je viens de prendre – je visais les jeux de reflets entre vitre et objets réfléchis, sans remarquer, en déclenchant, qu’au milieu de ces images troubles s’encadrait à merveille une passante, floutée juste ce qu’il faut pour évoquer le vacillement, la fugacité. Et les mystères d’une existence qui m’est inconnue et que je pourrais tout à loisir recréer pour en écrire l’histoire, ou pour en faire l’élément d’un roman plus ample qui graviterait autour d’elle.


Mais je ne suis pas écrivain, et cette femme, dont je ne peux m’empêcher de penser qu’elle a le regard fixé sur moi depuis cet autre côté du temps fixé d’un coup de déclencheur, restera un amas de pixels, sans histoire et sans nom, emprisonné là quand je croyais ne viser que ces verres alignés ressemblant à des corolles de crocus…

 

cafe-des-editeurs

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 16:10

Formes et murmures, blancheur et lumière comme en un sanctuaire.

Sommeil des choses derrière les parois vitrées

Comme autant de corps déposés/disposés avec soin dans un vaste mausolée de verre.

 

 

De Constantin Brancusi je ne savais à peu près rien en dehors des pages, lues il y a bien longtemps, que lui consacre Man Ray dans son Autoportrait*. Et encore n'avais-je de ces pages qu'un très vague souvenir – celui d'un artiste peu accessible, sauvage, vivant en ermite dans son atelier-logis de Montparnasse, qui réparait lui-même son toit parce que les couvreurs se font trop longtemps attendre et qui avait pour table un cylindre de plâtre qu'il nettoyait après un repas en le frottant avec une brosse d’acier dur. Quant à ses œuvres j'en avais une idée plus vague encore – un visage, peut-être, ou l'une de ses "colonnes sans fin"... images entraperçues je ne savais plus où.

 

nega_brancusi.jpg

 

Cela a dû germer quelque part à mon insu, toujours là sans que je m'en rende compte et, le 8 octobre dernier, je suis entrée dans l'atelier Brancusi situé juste en face du centre Beaubourg.
Le texte du dépliant mis à la disposition du public, rédigé par André Avril, m'apprenait que le bâtiment, conçu par Renzo Piano, accueillait une reconstitution de l'atelier du sculpteur conformément à ses dernières volontés: en 1956, un an avant sa mort, il a cédé à l'État français son atelier et ce qu'il contenait à la condition expresse que le Musée national d'art moderne s'engage à le reconstituer tel qu'il se présenterait le jour de son décès.

C'est que, pour Brancusi, l'objet d'art n'est pas "la sculpture" mais la sculpture dans son environnement – le socle ou le piédestal fait partie de l'œuvre, et l'espace autour d'elle avec les autres objets qui l'occupent. Il concevait son atelier comme une œuvre globale, où comptent comme éléments de composition les vides entre les choses, les outils... tout ce qui se trouve – n'hésitant pas à déplacer ceci, à replacer cela pour parachever l'harmonie qu'il avait en tête. L'atelier, donc, est œuvre, et pareillement autour de lui l'édifice de Renzo Piano. L'un et l'autre fonctionnent en totale symbiose et forment à leur tour, ainsi unis, une œuvre d'art.

 

L'architecte italien a imaginé un jeu savant de parois de verre et de murs pleins pour circonscrire l’atelier proprement dit – trois salles comme sous globe, communiquant l'une avec l'autre par des ouvertures ménagées dans les murs qui, elles aussi,  dessinent des figures et créent des perspectives prenant leur part dans l'orchestration formelle de l'ensemble. Trois salles préservées des visiteurs mais malgré tout offertes à leur regard:  l'on ne pénètre pas l'atelier, on le contemple en circulant le long d'une allée-déambulatoire dallée de gris. La teinte beige des murs du bâtiment-contenant résonne avec le gris du sol et magnifie la blancheur intérieure de l'atelier, resplendissante sous l'effet de la lumière tombant à sec des verrières ouvertes dans le plafond. Tant de blancheur, comme une large corolle déployée buvant avidement la clarté pour en mieux nourrir les objets qu'elle ceint... Dans cet enclos immaculé ils sont figés à la place que leur a assignée l'artiste pour qu'ils jouent, immuablement, la symphonie de formes, de matières, de textures et d'états qu'il a écrite: ébauches, moulages, plâtre brut, marbre veiné, pierre polie, visages stylisés, géométries abstraites, tronçons de matériaux non dégrossis, bois brut ou verni mais fendillé, socles de verre où reposent des masses métalliques aux courbes parfaites, aussi lisses que des miroirs, sculptures en cours ou venues à terme et outils de sculpteur... Pour disparate que paraisse cet ensemble, il en émane une fascinante harmonie; les contrastes sont jeux d'échos et non oppositions – le bois répond d'un ton au métal poli et d'un autre au marbre luisant et lisse mais sans discordance aucune et des réponses également harmonieuses s'énoncent entre ces visages épurés posés comme des offrandes sur leur piédestal et les géométries répétitives des "colonnes sans fin" et des "grands coqs".

 

atelier_brancusi.jpg

 Éternisées dans une clarté travaillée comme une sculpture et mêlant à la lumière naturelle celle de petits projecteurs – tout paraît étudié pour optimiser les effets des incidences lumineuses et rendre visibles leurs plus infimes variations, tel le surgissement, au beau milieu de l'après-midi, de cette tache de soleil qui, en venant effleurer la surface d'un "grand coq" de pierre polie, lui donne l'apparence veloutée et rosée d'un épiderme humain les choses semblent dormir et en même temps se livrer à de longs conciliabules. Elles se parlent, cela ne fait aucun doute, tranquillement derrière leurs murs de verre. L'on voit sans pouvoir atteindre ni déranger: ambivalence géniale qui préserve le spectateur de tout sentiment d'effraction. Le regard ne sera pas voyeur en cet espace ecclésial...

Figés, les objets? Mais en une immobilité est un peu fallacieuse – il suffit que l’on incline la tête d’un côté ou de l’autre, que l’on se décale d’un pas, que l’on s’accroupisse ou que l’on se hausse sur la pointe des pieds et toute la configuration se trouve bouleversée. Les fluctuations sont infinies qu’imposent aux choses vues les mouvements de celui qui regarde. Et puis il y a les troubles du verre – ces reflets changeants qui caressent sans s’y arrêter sa transparence… La fixité apparente s’avère, en réalité, mobile et insaisissable.

 

Peu avant que je m’en aille, l’atelier s’est vidé de ses visiteurs. Dans le déambulatoire, j’écoutais revenir le silence et voyais disparaître de la surface du réel les rides dont l’avaient affligée les allées et venues chuchotantes des passants. M’apparut alors, brusquement, l’incongruité des éclats verts que lance, dans cette ambiance beige-blanc-gris, la signalétique lumineuse indiquant à intervalles réguliers les issues de secours à gagner en cas d’incendie. À cette égratignure visuelle fit écho – là encore concomitance inattendue produisant son effet – l'incursion soudaine du frottement d’un balai que l'on maniait, dans le jardin clos attenant, pour chasser les feuilles mortes. Infimes perturbations. On guette quelque chose sans savoir quoi, on se dit que... et seule advient l'interruption du balayage métronomique. Histoire mort-née. Sauf si...
Je suis enfin sortie. Avec l’absolue certitude que d'autres visites suivraient.

 

C'était, le 8 octobre, la première fois que j'entrais dans l'atelier Brancusi. J'y suis retournée deux jours plus tard parce que les sensations très diverses, et profondes, riches, que j'avais éprouvées étaient comme autant d'histoires en suspens qui exigeaient d'être poursuivies sinon conclues – une confusion étrange, des mots pressés, marmonnés en un langage inconnu qui bourdonnaient à mes oreilles. Et je sentais qu'il me fallait les entendre à nouveau pour tenter de les comprendre un peu.

Aujourd'hui, quelques jours après ces deux visites rapprochées, tout au désir de revenir là-bas, je me demande comment j'ai pu m'abstenir si longtemps de franchir le seuil de cet Atelier alors même que je suis souvent de passage à proximité du centre Beaubourg et que l'entrée est libre. Si la réponse m'échappe, cela ne signifie pas qu'il n'y en a pas: je suis sûre que c'est une question de "juste moment" – comme il y a en photographie "l'instant décisif" cher à Cartier-Bresson: j'ai en effet l'intime conviction que chaque acte accompli est l'aboutissement d'une série complexe d'innombrables convergences qui s'agencent en une implacable cohésion. Si j'ai découvert l'Atelier Brancusi le 8 octobre 2010 et pas avant, c'est parce que les éléments de ma vie qui y ont conduit mes pas sont arrivés à convergence ce jour-là précisément. Et peut-être aussi parce que ce jour-là déterminera d'autres convergences. Ou peut-être pas...

 

* Man Ray, Autoportrait (traduit de l'anglais Etats-Unis par Anne Guérin), Actes Sud coll. "Babel", 1998, 528 p. – 11, 50 €.

 

Atelier Brancusi – Centre national d'art et de culture Georges Pompidou.75191 Paris cedex 04. Tel.: 01 44 78 12 33

Accès: Piazza du centre côté rue Rambuteau. Ouvert tous les jours de 14 heures à 18 heures sauf le mardi. Entrée libre.

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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 18:19

 J'avais depuis l'été dernier quelques images de l'église de Meyraguet qui traînaient quelque part dans mon disque dur. Je viens de les rassembler en album et j'écris ces lignes pour pallier la platitude des légendes image A, image B...   à la quelle je me suis contrainte pour être certaine que les photos s'affichent dans un ordre auquel je tiens. Parce qu'il me parle.


C'est une modeste construction de pierre grise qui montre au ciel son front sévère et droit depuis bien des siècles – ses parties les plus anciennes datent, dit-on, du XIIe siècle. Classée "monument historique" elle est entretenue – on ne la laisse pas se défaire. Et puis c’est une église vivante qui accueille les fidèles pour la messe un dimanche par mois; c’est aussi l’une des rares en France à avoir autour d’elle un cimetière où l’on enterre encore. Tels ceux de jadis, les morts d’aujourd’hui peuvent l’âme tranquille gésir dans son giron…  

Cette église fait partie de mes paysages d'enfance. Le son que rend en grinçant sur ses gonds la grille bancale, la forte senteur qu'exhalent les deux haies de buis menant à son seuil et derrière lesquelles se serrent les tombes ont fondé mes représentations de la mort: je ne puis plus aujourd'hui me figurer un cimetière où l'on n'entend pas de grincements ni voir ou sentir des buis sans songer au repos définitif.


Humble et solide la petite église s’accroche comme va par les chemins poussiéreux à la suite de ses chèvres cette frêle vieillarde, courbée et noueuse – vieille, si vieille que les années ne se souviennent plus d’elle. L’une et l’autre, ternes et chenues, semblent braver pour jamais l’érosion du Temps. Mais l’on sait tous que l’usure à la fin vaincra. D’ailleurs elle est là aux aguets, l’usure, avide, mâchoire ouverte: le bois de la porte est vermoulu, ses ferrures sont rouillées, les dalles de la nef par endroits se disjoignent, les murs à l’intérieur portent des blessures laissées sans soin – en voulant ôter un enduit on a irrémédiablement abîmé des fresques polychromes que l’on ne peut restaurer et dont il ne reste plus que de mornes plaques colorées – et, derrière l’autel maintenu frais et blanc, s’entassent en un triste bric-à-brac de pauvres choses ruinées. Des porte-cierges rongés, des fleurs artificielles délavées couvertes de poussière, un saint Antoine de plâtre en piteux état dont le visage intact et serein, au teint admirablement délicat, jure avec les béances du corps tendues de toiles d’araignée en lambeaux…

 

petite-chaloupe-de-pierre.jpg


Lorsque l’on entrouvre la porte de l’église de Meyraguet, un souffle frais caresse la joue qui sent un peu la terre et la cave. Une fois entré, on referme derrière soi le battant fatigué: on ne veut plus rien savoir de l'extérieur. Un silence mat et nu où ne frissonne aucun écho enveloppe l’âme – même sans foi, on se recueille. On est là perméable au sacré… Le soleil filtré par les vitraux fait glisser çà et là des langues de lumière multicolore – quelque chose de vif et d’allègre passe, subrepticement, dans le sommeil des heures. La part de soi qui réfléchit, raisonne et bride le cœur se retire et s'absente peu à peu

 

Ni prière ni rêverie dissolution.

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 16:01

En poussière.

Comme le corps d'un très, très vieux vampire dont on vient de percer le cœur avec un pieu – c'est ainsi que tombent, les uns après les autres, les mots et les phrases que je tâche d'aligner. Je suis en détresse scripturale. C'est une suffocation permanente – rien de ce que j'aspire à exprimer ne parvient à se frayer hors de mon esprit un chemin de mots. La crise dure depuis longtemps. Je lui soupçonne quelque parenté avec le fameux "syndrome de la page blanche" si bien connu des écrivains. Mais j'ai beaucoup de scrupules à éprouver cela: ce "syndrome" ne saurait me toucher puisque je ne suis PAS écrivain. 
Or, en choisissant d'être lectrice-correctrice, d'être pigiste et d’écrire sur les livres des autres, n'ai-je pas, comme un écrivain, "mis la littérature au centre de ma vie"?

 

carlos-liscano_lecrivain-et.jpgVoilà une considération que je ne m'étais encore jamais formulée en ces termes. Envisager sous cet angle la souffrance que m'inflige une page désertée – ou, pire, une page noircie qui, d'abord souriante, me fait tout d'un coup sa gueule des mauvais jours au point de finir à la poubelle – m'enlève tout sentiment d'outrecuidance à reconnaître mien un état qui serait l'apanage des écrivains. Je dois ce salutaire rafraîchissement de pensée... à un écrivain, un vrai – Carlos Liscano. Les éditions Belfond ont publié en janvier dernier la traduction d'un livre qu'il a écrit entre 1999 et 2005, L'Écrivain et l'autre*. C'est un recueil mosaïqué de 89 morceaux de nature, de ton et d'ampleur extrêmement variés, né d'une longue période de "désertification" - il avait entamé la rédaction d'un roman qu'il ne parvenait pas à achever. Incapable de mener à bien sa tâche de romancier, il s'adonne à l'introspection, à une scrutation minutieuse de ce que sont la littérature, la lecture et l'écriture, à un décryptage de la relation qui unit l'écrivain au monde...

 

Allant de quelques lignes à plus d’une dizaine de pages, ces morceaux sont pour la plupart écrits au présent, toujours de cette écriture nette et épurée, sans fioriture – d’un "piqué" parfait comme on dirait d’une photographie – et presque désincarnée mais néanmoins émouvante. L'auteur y offre tour à tour des sortes d’aphorismes, des mini-fictions, des souvenirs d’enfance ou d’incarcération, des considérations d’une lucidité sidérante sur son attitude d'homme et d'artiste, des analyses lumineuses sur l’acte d’écrire, la solitude, le dédoublement affectant l’écrivain… Aucune solution de continuité dans cet ensemble et pourtant une cohérence, celle de la longue quête continuée malgré les abattements, malgré les phases d’immobilité totale, d’inertie physique et mentale. Par le questionnement, par l’observation patiente de ce qui se passe – ou ne se passe pas – intérieurement, Carlos Liscano tourne son incapacité en geste créateur. Incapable d’écrire il écrit cependant. Mais n’écrit pas pour autant: il "écrit sur", "à propos de" – autrement dit, il écrit "avec un complément". Or pour un écrivain, écrire "avec un complément", ce n’est pas écrire en tournure absolue, qui signifie "vaquer à son œuvre". Un écrivain n’écrit pas "un roman", "un poème", "un essai". Il écrit. Le verbe seul suffit à dire cet acte propre à l'écivain.

 

Avec ce recueil, Carlos Liscano rejoint la théorie de tous les gens de lettres qui ont passé du temps à penser l’acte d’écrire, la création en général, le rôle de la littérature des deux côtés des pages – point de vue de lecteur et point de vue d’auteur. Il fourmille de phrases-lueurs qui s’imposent comme autant d’évidences – Chaque phrase est un coup (p. 48) ; Il n’est pas vrai que l’individu aspire radicalement à la liberté. L’élan vers la liberté est plus faible que la peur de la mort, la peur de l’insécurité, la peur de la solitude (p. 119), etc. D’autres m’ont touchée de manière beaucoup plus personnelle. Et en fermant ce livre j’ai eu le ferme sentiment de mieux comprendre ce qu'est un être humain, ce qu'est cette espèce humanoïde particulière formée par les écrivains. Mais aussi d’entrevoir avec une fascinante clarté quelques-uns des rouages qui régissent ma propre façon d’être au monde. Sans être comme lui écrivain, sans avoir jamais traversé d'épreuves aussi traumatisantes que celles qu’il a connues, j’ai achevé la lecture du livre de Carlos Liscano riche d’un nouveau savoir intérieur. Parce qu'on n'entend jamais aussi bien ses vérités intimes qu'à travers la voix de ceux qui savent exprimer les leurs.

 

Dire que cette petite errance a failli tourner à l'éructation, au lâcher de mots sans suite comme autant de coups de poing sur la table assénés en gueulant parce que j'étouffais d'amertume! Ne me retenait que cette question: "Que vaut donc une écriture-exutoire, une écriture-crachat-de-rage quand on n’est pas écrivain et qu’elle ne fait pas œuvre?" à laquelle je répondais "Rien; ça ne vaut rien."
Au lieu d’évacuer de la mauvaise bile par des écrits mal jetés, je me suis mise à parler d’un livre. J'ai, moi aussi, à ma façon, tourné une impuissance en geste constructif.

  

 

* Carlos Liscano, L'Écrivain et l'autre (avec une préface de Carina Blixen. Traduit de l'espagnol – Uruguay – par Jean-Marie Saint-Lu), Belfond "Littérature étrangère", janvier 2010, 204 p. - 17,00 €.

 

NB - Je connais un peu Carlos Liscano pour avoir lu quatre de ses précédents ouvrages La Route d’Ithaque (Belfond, 2005 - 10/18, 2006); Le Fourgon des fous (Belfond, 2006 - 10/18, 2008); Le Rapporteur et autres récits (10/18, 2005); Souvenirs de la guerre récente (Belfond, 2007 - 10/18, 2009) – et pour l’avoir rencontré en 2005 en compagnie de son traducteur Jean-Marie Saint-Lu, qui avait consenti, pour l'occasion, à jouer le rôle d’interprète (le texte de l'entretien se trouve ici).

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 13:26
Les mains posées sur la rambarde qui sécurisent le bord de la falaise, le visage offert à la brise légère venue du large, il regarde paisiblement l’aube poindre à l’est. La nuit commence tout juste de pâlir – bientôt le rose montera à l’horizon. Il est serein. Pourtant il va mourir – son bourreau est là, juste derrière lui, armé d'un revolver. Le condamné lui a demandé quelques minutes de sursis. Non qu’il souhaite se recueillir, ni recommander son âme à Dieu – il n’est pas croyant. Il essaie simplement de se rappeler la sensation que provoque une balle tirée à bout portant dans la nuque. Il a déjà vécu cela et il préférerait, avant de vivre l’épreuve à nouveau, retrouver les traces laissées dans sa mémoire par la brûlure sur la peau, la déflagration dans la tête qui ont suivi la pénétration du petit morceau de métal…
Voilà. Ça vient. Il est prêt, il se souvient. Le bourreau peut accomplir son office.

Et le rêveur de fredonner dans son sommeil:
She said I know what is like to be dead. I know what is like to be sad. And she’s making me feel like I’ve never been born.
(The Beatles, “Revolver”)

NB - L'image illustrant ces quelques lignes est la photo d'un détail d'une installation que Gloria Friedmann a exposée au musée Bourdelle dans le cadre de son exposition Lune rousse, qui s'est tenue d'octobre 2008 à février 2009.
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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 10:06

Tu vois, on peut imaginer mille choses, c’est encore autre chose qui arrive.
Pascal Garnier, Lune captive dans un œil mort, Zulma, janvier 2009.


Le petit matin, difficile et confus comme toujours quand on ouvre les yeux au sortir du sommeil, avait son odeur habituelle – cette senteur un peu sure et douceâtre à la fois qui semble sourdre des draps en désordre pour se répandre en nappes stagnantes.
Qui sature l’air de la chambre, englue le corps et maintient closes les paupières.
Et qui donne la nausée. Le dégoût de soi…

Un violent haut-le-cœur le poussa hors du lit. Il ouvrit grand la fenêtre sur les clartés blêmes d’une aurore indécise, grisée de brouillard et salie des suies urbaines que le froid nocturne avait écrasées sur le bitume. Un filet de vent se faufila dans la pièce, balayant les squames aigres des cauchemars mal finis de la nuit. Premières heures – la déprime quotidienne l’attend.

La journée naissante avait sa couleur coutumière de plaine nue sans horizon et sans relief. Continuer pourtant, se laisser porter un jour de plus... Boire son café. Avaler un jambon-beurre à midi. Et le soir mâchonner une pizza Reine devant la télé. Aller se pieuter et cauchemarder au lieu de dormir… puis recommencer, s’éveiller tout engourdi au seuil d’un nouveau matin aussi puant que le précédent.

Les heures à venir se profilaient ainsi tandis qu’il mettait la cafetière en marche, la bouche pleine par anticipation du goût terne et amer du sinistre jus qu’il buvait sans plus lui trouver la moindre saveur. De toute façon, ça ou autre chose… il fallait maintenant aller se raser, se laver, s’habiller – dans sa pensée la journée s’était déjà écoulée, consumée jusqu’au soir et avec elle les suivantes, toutes identiques les unes aux autres.

La sonnerie du téléphone rompit soudain ce morne fil. On venait de trouver son chien à l’agonie près du terrain vague, à la sortie de la ville. Sa torpeur d’automate vola en éclats. Plus rien ne subsistait de ces murs rassurants dont il avait bétonné sa vie à coups d’habitudes sempiternellement reconduites – il n’y avait plus devant lui que l’implacable urgence des gestes à accomplir pour tenter de sauver son chien. Se ruer au garage, démarrer son pick-up et foncer vers l’endroit où gisait l’animal. L’emmener chez le vétérinaire, puis espérer. Prier peut-être bien qu’il ne fût d’aucune religion… Il avait oublié depuis longtemps ce que c’était que de ne pas se projeter au-delà de l’instant présent et de n’exister que dans ses étroites limites. Le rappel était brutal. Terrifiant. Mais il réapprenait à se sentir vivant.
Et son chien s’en tirerait.


Très librement inspiré d’un incident vécu… In felis memoriam.


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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 13:14
Lorsque je suis en proie au désœuvrement, mon occupation favorite consiste à fouiller de-ci de-là dans les recoins inexplorés depuis longtemps, à remuer tous les fragments mis au rebut mais pas franchement jetés – on ne sait jamais, ils peuvent servir… J'ai ainsi retrouvé ces photos prises à Sarlat cet été, à l'abbaye Sainte-Claire, et avec elles sont revenues par bribes quelques rêveries qui m'ont parues seoir à cet album qu'il m'a plu d'intituler "Jeux ce chaises" - pas "de vilains", en tout cas. Bien que l'on dise des absents qu'ils ont tort, je ne pense pas qu'on puisse les taxer d'aucune "vilenie"...

Les chaises en solitude m’ont toujours émue. Elles présentifient l’absence plus crument qu’un espace vide. Quand, en nombre, elles paraissent se donner la main, et rassembler en cohortes tous ceux que l’on attend en vain, c’est entre elles un dialogue de vacuités bruyantes qui s’instaure, presque angoissant – à qui les restes d’une averse ou la lumière bleue d’un soir achèvent de fournir un accompagnement chromatique de circonstance, comme une mélodie qui serait dans l’air.

Chaque fois que j’aperçois une chaise isolée, sans occupant, il me semble qu’en silence elle appelle un mort, un disparu-à-jamais… un de ces êtres que l’on sait définitivement hors d’atteinte et que pourtant on ne peut s’empêcher, en son for intérieur, d’imaginer proche et sur le point de surgir au détour de l’instant vécu. Je m’en détourne par principe, redoutant de percevoir en passant près d'elle l’écho trop aigu d’histoires avortées, d’espoirs déçus – le triste écho qui m’inclinerait à ce désespoir mou et noir dont il est si difficile de se dégager. Mais outre ces vagues cassées ou parcellaires, ce ressac intermittent, il y a 
quelque chose à écouter à proximité de ces sièges désertés qui attire irrésistiblement…

Cela relève de la géométrie.
Les chaises en vigueur dans les parcs publics, ou dans les lieux destinés à accueillir une collectivité – classes, cantines, salles de spectacles…
ont en général une structure étudiée pour faciliter leur rangement dans un espace réduit ; elles sont "étudiées pour" pouvoir être entassées le plus commodément possible. Lorsque, inutilisées, elles demeurent en colonnes plus ou moins instables, emboîtées les unes dans les autres, elles génèrent des rencontres de lignes et de courbes, des creux et des pleins, parfois des déliés et ressemblent à des pages couvertes de signes… Leurs pieds de métal étroitement joints se tendent en un seul effort vers le sol mais restent en suspens tant la pile est haute. Les entailles toutes identiques ménagées dans leur dossier pour permettre la préhension leur font de drôles de bouches, ouvertes en un rictus permanent figé sur le néant – ô le chœur muet et formidable ! Et comme échappée de ce tonnerre silencieux, une feuille détachée d’une branche s’est posée sur une assise découverte.

J’ai vu tout cela un soir à Sainte-Claire. Et un peu plus tard ces rangées bien organisées mais sans spectateurs, portant encore, sous le soleil dru de l’après-midi estival, les traces d’un orage. Il n’en fallait pas plus pour que je tire de ma poche ce précieux petit Nikon Coolpix si facile à dégainer lorsque se présentent des images a priori saisissables.

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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 09:58
19 août, 7 heures du matin.
Ce n’est plus tout à fait potron-minet, mais le jour n’est pas bien grand. Le soleil s’annonce avec la timidité d’une paupière baissée, froissée d’un reste de sommeil et qui tarde à dégager l’œil, tâchant de retenir encore, et encore, un peu de nuit. C’est une petite gare, sans correspondance – "Gourdon, Gourdon… Une minute d’arrêt !". Le quai est presque désert et la brise une gaze de soie sur la peau laissée découverte par la tenue estivale.

Le train arrive, ralentit, stoppe – j’empoigne mes sacs et me faufile en hâte dans le wagon. Le dernier. Il n’y a personne et je peux loger mes bagages, m’installer à ma guise. Pas de corps ni de bruits qui fassent obstacle aux songeries. L’allée centrale semble se perdre dans un lointain feutré, au-delà du petit univers dans lequel, dès que vient la foule, on s’encoigne pour voyager tranquille et que l’on défend ardemment à coups de regards et de paroles refusés…
Les sièges ont des oreilles ouvertes sur le silence et leurs bras tendus rencontrent le vide. Vaine attente. Il n’y a rien entre ces deux qui se font face – rien sinon le triste amas de toutes les conversations mortes qu’ont eues, croyant se parler, des passants éphémères. Traces en transparence qui saturent l’air et pèsent du sinistre poids de l’intangible… et cette lueur subreptice qu’une brève obscurité révèle sur une vitre est une tache d’âme – un défunt qui se montre ?

Le mouvement et le souffle lancinant du train en marche, les lumières hâves, tout en jeux de pâleurs voilées qui rebondissent, glissent et se juxtaposent sur les surfaces polies de verre, de métal ou de plastique… c’est comme un flux de sable se dérobant à la vue – où est l’objet ? Où le reflet, et le reflet du reflet ? Point focal de ces insaisissables ballets : les fenêtres, qui recomposent les perspectives, découpent le visible en morceaux et dont les vitres maculées de traînées blanchâtres par les averses successives donnent l’impression qu’il pleut en permanence, même quand le ciel derrière elles est bleu cru…
Il fait un peu froid – non pas à cause de l’heure matinale, ni de la climatisation déjà enclenchée. Mais parce que tout est trouble et que cela ouvre grand les horizons lunaires gisant au fond de soi.

C’est à chaque fois que je voyage ainsi tôt le matin dans un wagon vide une mystérieuse sensation qui m’étreint. S’y donnent la main en une ronde languide quiétude, mélancolie, sérénité, angoisse – terreur parfois quand, à la solitude, s’associe l’idée que peuvent inopinément surgir, et plus crûment qu’au milieu d’une foule bruyante, les monstres et les spectres.
Tout cela tient-il dans ces quelques mots ? Ou bien le petit album d’images éponyme est-il mieux éloquent ?
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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 05:01

Une fois de plus, la rumeur du train de nuit l’a réveillé. Ce n’est qu’une brève parenthèse : très vite, le chant des grillons, les mille et uns bruits des prés levés par l’obscurité reprennent possession du silence. Mais c’est une lacération dans son sommeil. Il ne se rendormira pas… À peine s’est-elle tue, cette rumeur, qu’il tend l’oreille vers sa mémoire pour y chercher les échos du feulement lointain éraillé de scansions sèches qui le coupent en tranches régulières.

Non, il ne se rendormira pas. Jusqu’à l’aube il va rêver qu’il quitte sa masure enfouie dans les bois, rejoint la voie ferrée et saute au vol dans le train de passage. Puis ces vagues relents d’envol vont se noyer comme s’ils n’avaient jamais existé quand surviendront les lueurs fragiles du jour naissant. Il en est ainsi depuis qu’un train de nuit a été mis en circulation sur la ligne qui traverse le village, d’où il s’est exilé des années auparavant, à la mort de ses parents, pour habiter cette cabane délabrée. Sa forteresse : loin des hommes, plus près de soi – et bien à l’abri.

Chaque nuit à 2 heures très précises, donc – sauf quand un incident ou des travaux de réfection des voies modifient l’horaire –, il se réveille. Il s’assoit sur le bord de son lit, reste immobile et, environné de ténèbres, il ouvre grand ses yeux sur un "quelque part" dont il ignore tout, qu’il n’est même pas sûr de vouloir connaître mais dont il rêve malgré tout. Il y songe à l'aveugle, tâtonnant dans un fouillis d'images amassées au fond de ses souvenirs. Les envies de partance soufflent en lui par bourrasques tièdes. Elles retourneront dans leur antre d’oubli dès que le firmament commencera de blanchir. Les rêves nés la nuit meurent à l’aube. Comme des condamnés. Ou des héros. Il le sait mais il s’entête – Sisyphe des illusions pas tout à fait perdues il se laisse envoûter nuit après nuit par l’haleine de la machine qui, de loin, colporte son invitation au voyage.

Sa cabane a des murs de deuil ; il les sent chargés des soupirs et des regrets déposés par les générations successives qui se sont tenues là, grosses d’êtres fatigués à force de mener des vies trop rudes qui peut-être ont ressemblé à ses parents – sa mère à la voix grise, son père aux mâchoires toujours plus fort serrées sur ses peines. Parfois ces fantômes geignent au cœur des pierres, les descellant presque. Mais cela n’affecte guère la quiétude érémitique qu’il est venu quérir dans ce coin reculé de la forêt. Les spectres, envers qui il a d’ailleurs fini par développer une forme d’amitié, n’ont jamais perturbé les efforts qu’il n’a cessé de déployer pour se maintenir à l’écart. Les sentiers reliant la cabane au reste du monde se sont peu à peu effacés sous les ronces ; il vit maintenant en insulaire sur son lopin de terre, replié derrière les remparts arborés.

Il s’apprête cependant à partir… car aujourd’hui la rumeur du train a été la plus forte : une fois la nuit dissoute, ses rêves sont restés, tels des bois flottés sur la grève à marée basse. C’est décidé : il va rejoindre la voie ferrée et sauter au vol dans le premier train qui passera.
Il marche, droit devant lui d’abord, puis virant à droite, à gauche… Il s’oriente en fonction du bruit des cinq express quotidiens qui desservent le village. Quand vient le crépuscule, il n’a toujours pas atteint la voie ferrée et il réalise qu’il n’a plus entendu le moindre train depuis longtemps. Il lève la tête, regarde les étoiles et la pleine lune – va-t-il continuer ou non ? Son hésitation est éphémère ; il reprend sa route. La végétation se densifie ; il lui est de plus en plus difficile d’avancer… tout à coup, il trébuche et chute. Ses pieds se sont entravés dans de longues tiges accrochées à de vieux rails rivés à des traverses fissurées, entre lesquelles se tassent des restes de ballast.

Il éprouve une immense lassitude – il s’est pourtant arrêté souvent, buvant aux sources claires, cueillant quelques baies et taillant des tranches minces dans la miche de pain qu’il a emportée. Il ne devrait pas être fatigué de la sorte : il n’a pas dû parcourir plus de quinze kilomètres… d’où vient, alors, cette pesante sensation de perclusion ? Il n’a même pas la force de se relever. Un peu hébété, il regarde l’acier rouillé des rails, le bois pourri des traverses agonisant sous les herbes folles et se demande comment des trains pourraient circuler sur une voie en si mauvais état…

Il se sent usé et très vieux. Il comprend qu’il n’y aura plus jamais de train à prendre pour lui et qu’en à peine une journée se sont réduites en poussière des décennies de vains désirs. Sa vie n’aura duré que le temps d’un soupir.

Là-haut, dans le ciel, les étoiles continuent de briller, tous feux dehors. Comme si de rien n'était.


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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 17:42

Plus loin que la lumière et l'ombre, au-delà des couleurs ou de leur transformation en gammes de gris, il arrive qu'une photographie, à l'insu même de celui qui la prend, saisisse plus que ce qu'elle est censée retenir...
 
Par un bel après-midi à la lumière finissante, qui accrocchait comme à regret avant de disparaître dans un ultime cri doré ici un profil christique, là un relief de plâtre émoussé, ailleurs de fragiles inflorescences de céramique peinte, j'errais au Père-Lachaise, l'appareil photo aux aguets, en quête de ces frêles visions qui soudain surgissent et m'imposent la visée. Mais j'avais l'humeur vague et me sentais davantage encline à rêvasser qu'à penser "cadrage", "exposition" et "vitesse d'obturation".

Jusqu'à ce qu'une jardinière défaite, blottie au pied d'une tombe de guingois, attire mon attention... Ses formes amoindries, ses flancs érodés marbrés de coulures grisâtres sur lesquels se répandaient en larges auréoles mousses et lichens disaient l'irrémédiable pente du Temps. Cette jardinière était pourtant encore pleine d'humus - mémoire vive et persistante des fleurs dont on l'avait jadis garnie: parmi quelques touffes d'herbes sèches qui ajoutaient leur touche de deuil à la pierre déjà triste jaillissaient les lances vert tendre de jeunes feuilles d'iris... et, lové là, un chat noir. Endormi. À mon approche, il redressa lentement la tête, dardant sur moi les demi-lunes luisantes de ses yeux encore ensommeillés. Ces incisions viridescentes, cernées par le pelage nocturne, dansaient un étrange pas-de-deux avec le vert des feuilles, rendu luminescent par le soleil fuyant qui les traversait en un dernier soupir. Saisie par la fulgurance de l'écho coloré, je m'emparai de mon appareil et, me souciant juste d'enfermer dans le cadre en un jeu de lignes satisfaissant yeux et feuillages mais sans trop ajuster ma mise au point, j'appuyai sur le déclencheur... pour réaliser aussitôt que mon geste était vain: qu'allait donc bien pouvoir retenir de cette harmonie verte la Scala, sublime film inversible noir et blanc, qui équipait alors mon boîtier?

Lorsque, enfin, le laboratoire me livra les diapositives développées, j'en entamai aussitôt l'examen attentif. Toutes étaient à peu près réussies. Et sur la seule photo que j'avais prise du chat noir je vis, trouant la belle gamme des gris, deux minuscules demi-lunes viridescentes, auxquelles répondaient les minces lames vert tendre des jeunes feuilles d'iris...
 

A Nykthô, petit chat de nuit, mort d'un arrêt cardiaque le 19 mars 2008, à 6 mois et 17 jours.

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  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui

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