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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 11:22

Torpeur


L’esprit est gourd qui ne voit plus l’éveil des choses


Gris le ciel
– bientôt la pluie
Triste et fléchi le jour
À son détour on voit la mort

 

Torpeur.jpg

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 17:45

Solstice


Long jour solaire

Cette année gris et triste

Cerné comme un regard usé

Alourdi de ces poches

Que mettent sous les yeux

Les mauvaises nuits

Les rêves trahis

Les intentions vaincues

Les batailles perdues

Les regrets amers

Et les brûlures d'estomac


Y aura-t-il encore un été?

 


Solstice

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 07:02

La route est longue qui ne mène nulle part

D'autres nous accompagnent qui suivent le même chemin

Et derrière, si loin derrière

Le temps écoulé est comme une étreinte glacée.

 

breve-26mai2010.jpg

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 16:11

Vieillir. Mourir. Et le goût de la moutarde aux fruits rouges…


Le regard que l’on porte chaque jour sur soi dans le miroir est à la conscience du vieillissement ce que la mithridatisation est à l’empoisonnement : une lente accoutumance au toxique qui en annule les effets dévastateurs. Ce n’est pas scruter quotidiennement dans la glace l’altération du grain de ma peau, le mollissement de mes traits, la trace de plus en plus profonde que laisse à la commissure de mes lèvres le pli amer d'une grimace furtive qui m'apprend mon propre vieillissement. Mais croiser des trentenaires qui pourraient biologiquement être mes fils ou mes filles et à qui je trouve l’air de sortir de l’enfance, avec aux joues le velouté d’une peau de bébé et dans les yeux cette confiance que donne la certitude d’avoir devant soi tout le temps de choisir, de se tromper et de revenir sur ses erreurs.


Me savoir vieille, me savoir vieille au plus profond de moi en dépit des apparences et de l'inertie par laquelle je m'illusionne est terriblement angoissant. Cela me répète qu’à l’instar de tout ce qui est je suis promise à la Grande Poubelle du temps quoi que je tente pour m’y opposer. Et qu'il n'y a pas d'illusion qui vaille.
Pourtant hier en faisant mes courses, j’ai glissé dans mon cabas, entre botte de carottes  yaourts et biscottes, un petit pot de moutarde aux fruits rouges. Parce que j’avais envie de goûter un condiment dont la saveur m’était inconnue. Et tant que l’on a envie – d’être avec quelqu’un, de partir en voyage, de découvrir de nouveaux mets, d’aller visiter un musée, de commencer un livre qu’on n’a pas encore lu, de sortir dans son jardin contempler les fleurs ou laisser le vent courir sur sa peau… – tant que l’on éprouve un désir quelconque on n’est pas tout à fait désespéré. On est encore un peu vivant, quelque conscience que l’on ait de sa mortelle condition.

 

breve_23-mai-2010.jpg

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 17:07

Austère,
Longue et nette comme l’ombre portée d’une stèle à ces heures extrêmes du jour où le soleil s’incline languissamment,
S’impose la nécessité de grandir.

De mûrir tel un fruit prêt à tomber.
Et de faire ses deuils.

 

ombre_portee-stele.jpg

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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 06:55

Clins de fleur


Au bout de leurs hampes charnues, à la fois légères et opulentes, les fleurs d’iris ont des grâces de diva. Telles de grandes dames distinguées aimant afficher leurs richesses, elles offrent aux regards leurs pétales de soie torturée aux confins de la déchirure avec des coquetteries félines. Laissant flotter autour de leurs inflorescences pareilles à de longs doigts gantés de velours repliés devant un visage aux traits secrets, des senteurs fortes venues de leurs racines que l’on dirait remontées de vieux coffrets de bois précieux et moisis longtemps inhumés au fond de caves humides, les iris formant haies dans les jardins ourlent de ténèbres ces jours d’avril qui commencent à peine à pactiser avec le soleil.
Cessant d’être fleurs pour se répandre au cœur des yeux, ils font exploser là en myriades de paillettes l’inaudible langage de l’âme.
Au jardin comme
à l ’œil toujours l’ombre est la compagne de l’iris.

 

Iris-negatif

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 16:56

Où va-t-on quand on se souvient…


Peut-on être sereinement soi, soi aujourd’hui et pleinement soi, quand on évolue en un lieu où l’hier – son hier – est maintenu aussi vivace qu’en son présent de jadis, réfugié dans des objets conservés avec soin ?

Peut-on se dire vraiment et profondément vivant quand on entretient en soi et hors de soi, par des rituels et des gestes cérusés comme ces visages de vieux beaux d’autrefois, une enfance morte ?

Est-on vivant quand on garde ses souvenirs sous respirateur artificiel et qu’on leur farde les joues en les ressassant à plaisir sans se rendre compte qu’ils sont en coma dépassé depuis des décennies et qu’à se les remémorer sans cesse on ressemble à un thanatopracteur maquillant un mort pour tâcher de lui donner l’air de dormir ?

 

breve_11-avril-2010.jpg

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 18:48
mur-de-caveau_TN.jpgIl faut bien, un jour, cesser d’être lâche et consentir enfin à regarder en face ses dérobades, ses procrastinations toujours reconduites. Il me fallait bien un jour, sauf à m’avouer définitivement vaincue, revenir en ces lieux, les contempler désertés depuis des jours, et m’y réinstaller sans geindre. Sans attendre que me quitte cette sensation de me lever le matin noyée d’avance dans le flot croissant des "choses à faire" que je laisse en souffrance. Cela passe par de tout petits gestes – répondre à tous les courriels que je me suis refusée à ouvrir éliminer au passage les pourriels ; trier pareillement mon courrier postal et aller chercher des colis reçus voici… non, il vaut mieux que je ne compte pas ; reprendre mes lectures quotidiennes des Carnets d’Hubert Nyssen et mes visites à la tanière web d’amis qui me sont (très) chers. Tout cela paraît bien insignifiant mais participe, pour moi, d’un même mouvement – un redressement de tout l’être, un "non" au renoncement, timide d’abord et qui finira bien par aboutir à l’accomplissement de quelqu’une des tâches que je me suis assignées. Par exemple – c’est l’une des premières auxquelles je devrais m’atteler : reprendre la publication des notes de lecture de la Mère Michel. Car elle continue à lire et à écrire aussi plaisamment à propos de ses lectures. Ce n’est pas juste envers elle, ni envers son alter ego Michel Host, que de ne plus faire paraître ici ces chroniques délicieuses.

Quant à moi, j’ai lu trop de livres dont je n’ai encore rien su dire alors qu’ils m’ont profondément atteinte – soit d’une joie purement littéraire, soit d’une émotion beaucoup plus complexe et lourde à porter – pour avoir l’esprit serein et bien en ordre ; à cela s’ajoutent de récentes rencontres, passionnantes, avec François Emmanuel puis, un peu plus tard, avec Jean Claude Bologne – des conversations riches qui marquent la mémoire, sédimentent lentement, déposent à leur suite telles des alluvions fertilisantes quantité de réflexions de tous ordres et que j’aurais dû évoquer afin de leur garder toute leur vivacité au lieu de les abandonner au chaos d’une pensée en état de confusion avancée. Pour brouiller davantage ce magma à la fois intellectuel et émotionnel j’apprenais, le 6 mars, le décès de Pascal Garnier, un auteur à qui je suis profondément attachée. Mais c’est à peine si j’ai su envoyer à temps à sa femme un message le jour des obsèques…
Et pendant ce temps, la saison se poursuit au Théâtre du Lierre – qui lutte toujours pour sa survie – avec le début des représentations de Médée et l’exposition, dans le hall du théâtre, des œuvres surréal-symbolistes qu’Otto Kadlecsovics a peintes "Autour du mythe" de Médée.

Sans geindre, ai-je écrit. La prochaine fois que j’aborderai en Terres Nykthes, ce sera avec un "vrai" texte. Ce n’est rien autre que cela, redresser la tête : arriver ici avec un "vrai" texte…
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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 17:59

C’est d’abord un mot sur lequel on butte et que l’on retourne dix fois dans sa tête comme on mâcherait jusqu’à liquéfaction une bouchée de nourriture qui dégoûte mais que l’on ne peut ni recracher ni déglutir. Il finit par perdre sa couleur, sa forme… il s’affaisse et meurt – on le jette vite parce que, même mort, on lui trouve des relents de poussière mal viellie. À sa place un vide se creuse que l’on ne sait pas combler et c’est toute la phrase qui est éliminée. Rien de grave : l’on a souvent entendu dire que rien ne valait la concision et qu’une écriture directe, sans fioriture, était une démonstration de maîtrise de la langue. Donc voilà le propos qui s’amenuise, se resserre. Mais sans gagner en force. Au contraire il s’anémie. Et l’on ne parvient pas à replâtrer cette façade désolée (désolante aussi, d’ailleurs). Chercher un mot s’apparente de plus en plus à une immersion dans une fosse pleine de boue.


breve_26feverier10.jpg
Alors s’installe une affreuse sensation d’étouffement. Ce sont de vicieuses coulées de sable qui envahissent le cerveau ; les pensées suffoquent, mangent la poussière sablonneuse, et le corps tout entier ploie sous la défaite. On commence par redouter d’esquisser le moindre geste – si, au lieu d’apporter le filet d’air salvateur, ce geste venait à accroître le dégoût de soi en train de monter comme la marée d’équinoxe et à aggraver la suffocation ? Immobile, on croit se préserver mais l’on continue d’étouffer. La peur de risquer un mouvement croît. Et puis l’on se tasse davantage dans cette immobilité qui enfonce toujours plus loin dans l’angoisse – là où tout se fige. C’est l’engourdissement, l’aride impuissance à écrire et penser qui ferait hurler si elle n’avait pas pour effet premier de réduire au mutisme.


Et ces quelques mots d’annuler, par leur seule existence, ce qu’ils tentent d'évoquer.

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 12:39

Il est seul sur le quai de la gare. La nuit est encore dense, il fait froid. C’est l’hiver et il n’est pas plus de 6 heures du matin. Il attend. Il sait qu’un loup aux crocs luisants est sur le point de le dévorer.
Là, tout près… au fond de sa tête.

breve-5fevrier2.jpg

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Présentation

  • : Terres nykthes
  • : Ce blog au nom bizarre consonant un rien "fantasy" est né en janvier 2009; et bien que la rubrique "archives" n'en laisse voir qu'une petite partie émergée l'iceberg nykthéen est bien enraciné dans les premiers jours de l'an (fut-il "de grâce" ou non, ça...) 2009. C'est un petit coin de Toile taillé pour quelques aventures d'écriture essentiellement vouées à la chronique littéraire mais dérivant parfois - vers où? Ma foi je l'ignore. Le temps le dira...
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  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui

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