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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 14:07

Deux formidables pièces de théâtre vues en novembre – Nouveau roman à La Colline, Des souris et des hommes au Théâtre 14 – chacune ouvrant à mille développements critiques dans des directions a priori bien distinctes mais se recoupant in fine, et portées par de superbes comédiens; deux spectacles qui, sitôt vus, ont stimulé la chronique, ont ouvert la vanne aux réflexions et commentaires, aux louanges aussi, mais si abondamment que je n’ai pas su m’en débrouiller, incapable que j’ai été, avant que ne s’achèvent les représentations, d’aller au-delà, pour l’un comme pour l’autre, d’un texte mal torché, demeurant tel, aussi broussailleux qu’un terrain laissé en friches depuis des lustres, dans la boîte à brouillon de ce blog. Ces pièces ont je l'espère  une carrière devant elles, et je ne désespère pas tout à fait de parvenir à donner un tour qui soit acceptable à mes deux chroniques de telle manière qu’elles leur amènent quelques spectateurs. Certes les salles qui m’ont aimablement invitée n’en tireront aucun bénéfice mais au moins les équipes artistiques auront-elles vent d’un "retour" louangeux.


Je pourrais en écrire autant à propos de plusieurs livres qui m’ont émue, touchée, enthousiasmée… à l’égard desquels aussi les commentaires et réflexions surgissaient en masse et pour lesquels aussi j’ai commencé de noircir, "au kilomètre", fichiers word et paperolles éparses, enfouis dans le fatras qui encombre mon bureau de bois ou dissimulés dans les innombrables "dossiers" que je crée sur mon "bureau" virtuel pour cacher, sous un semblant d’ordre, ces innombrables brouillons que pourtant je ne me résous pas à détruire…

 

sac-a-dechets.jpg

Jamais, depuis janvier 2009, la boîte à brouillon des Terres nykthes n’a été aussi encombrée. Le bilan n’est pas glorieux… Oh, ces textes "en cours de rédaction" mal brouillonnés ont toujours abondé, grossissant indécemment la liste de ce qui reste à finir quand, de temps à autre, je tâche de mettre en balance les choses effectivement accomplies, les projets menés à bien, les devoirs envers les uns ou les autres remplis, et… "le reste", la somme de tout ce qui est "en souffrance" et dont l'inachèvement EST douleur cuisante. Évoquer cette incapacité à "finir" est un moyen d'atténuer l'inconfort dans lequel elle me plonge, mais le seul véritable remède serait probablement d'identifier ses causes profondes, d'en démêler les racines… elles me restent cachées; tout au plus puis-je reconnaître que je tends de plus en plus à me noyer dans un "àquoibonisme" aussi invasif que sont submergeantes les marées d’équinoxe.


À quoi bon vouloir dire, vouloir signifier par le texte ou par l’image, s’efforcer d’exprimer quelque chose du monde, ou de son intériorité quand on est de plus en plus gagné par la conviction que les langages, quels qu’ils soient, ne seront jamais que des approximations parce qu’au service d’une pensée de toute façon vouée à l’échec – il m’apparaît de plus en plus que tout cheminement de pensée un tant soit peu élaboré mène inévitablement à cette évidence que toute quête du sens ne se peut résoudre que par le constat de l’impossibilité même du sens – non pas de la trouvaille du sens mais du sens en soi… Cela, cette impossibilité abyssale, a surgi dans toute son intelligibilité un beau matin, brusquement, à la façon, sans doute, dont les "éveillés" reçoivent leur révélation – mais j’aurais quand même dû songer que la brutale clarté avec laquelle cela s'énonçait était au fond la négation même de ce que je croyais entrevoir – la radicale impossibilité du sens. Quel vertige! je mets des mots là-dessus: ce n’est donc qu’un "fait de langue"; mais peut-être ne peut-on rien approcher à une distance moindre que celle autorisée par l’un ou l’autre langage, celui des mots n’étant qu’un parmi d’autres… Il y a selon moi un point au-delà duquel l’entendement humain ne peut aller – ne pourra jamais aller. Pressentir cela, c’est entrevoir le "degré zéro" de la faculté de réfléchir, le lieu où la pensée ne peut plus dépasser l’inertie absolue. Et recevoir la vision pleine de ce lieu doit être l’absolu foudroiement.

 

Qui, quoi que j’en écrive, ne m’a pas encore frappée: ces mots, cet essai de "vouloir-dire" en témoignent. En témoignent tout autant les brouillons que je ne détruis pas, et ceux que je continue d'esquisser: il y a là des germes – le fondement même de la vitalité minimale…

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  • : Terres nykthes
  • : Ce blog au nom bizarre consonant un rien "fantasy" est né en janvier 2009; et bien que la rubrique "archives" n'en laisse voir qu'une petite partie émergée l'iceberg nykthéen est bien enraciné dans les premiers jours de l'an (fut-il "de grâce" ou non, ça...) 2009. C'est un petit coin de Toile taillé pour quelques aventures d'écriture essentiellement vouées à la chronique littéraire mais dérivant parfois - vers où? Ma foi je l'ignore. Le temps le dira...
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  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui

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