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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 18:21

en-vrac_nov-2011.jpgDes jours, et des jours de silence. Comme très (trop!) souvent, la panne. Non que je manque de matière: au contraire! ils doivent être au moins dix les sujets que je me promets de traiter dans ces pages. Seule me fait défaut la capacité à tirer de cette masse brute et compacte où s'agitent dans le désordre foules de pensées et de résonnances, un texte suffisamment organisé pour prétendre à un minimum de pertinence.

Rien de ce que j'ai pu aligner ces derniers temps n'a survécu à la corbeille plus de quelques heures. Peut-être mes lectures du moment, qui provoquent en moi de très intenses réflexions, font-elles obstacle à l'acribie sans laquelle je ne conçois pas d'écrire fût-ce trois lignes: je découvre l'œuvre d'Emil Cioran, le Précis de décomposition, et De l'inconvénient d'être né?
Mais, Malgré Cioran sont venues ces phrases qui, elles, ont passé le cap des quarante-huit heures de présence sur mon "bureau" – elles ne m'ont pas encore paru assez affligeantes pour être torpillées...

 

De saison...

Novembre au seuil de l’hiver mais encore mois d’automne
Ô ses journées rechignées si courtes entre deux crépuscules où la lumière biaisée étire les ombres jusqu’à la pâmoison,
qui ont souvent la pluie aux joues sous la frange grise du ciel
quand elles n’ont pas, noyées dans le brouillard, l’air mi-clos du regard rêveur pris dans les rets d’un sommeil inachevé.
Novembre aux senteurs douces de fenaison qu’exhalent les feuilles finissantes,
d’humus et de fruits mûrs,
– rondeurs aromatiques tour à tour craquant sous les tiédeurs exténuées des derniers moments ensoleillés puis avivées par les averses…
Fêtes olfactives égayant, comme les couleurs d’ambre doré des sous-bois,
Novembre au nom arrondi de marron chaud.

 

et loin de tout.

Si Dieu existe? Bien sûr qu’il existe! je viens d’en tracer les contours avec ces quatre signes – D-I-E-U. Et ce DIEU-là, le mot veux-je dire, est une invention humaine. Quant à ce qu’il est censé recouvrir… pour qui se prend donc l’homme pour prétendre cerner, distinguer, avec ses humbles moyens – le langage, le raisonnement – ce qu’il suppose être le principe dont procède l’univers qui le contient? je crois pour ma part que le "pourquoi" du monde à quoi "Dieu" répond, à la différence des innombrables "comment" dont la science résout chaque jour un grand nombre en en découvrant, ce faisant, de nouveaux plus mystérieux (je reprends ici le distinguo que Zola établit, dans Le Roman expérimental il me semble mais je me trompe peut-être, entre ces deux questionnements fondamentaux en attribuant aux scientifiques la mission de répondre au "comment" tandis qu’il abandonne aux philosophes le soin de répondre au "pourquoi"), relève d’une absolue transcendance – donc de "quelque chose" qui est hors de la portée humaine, radicalement non pensable et non connaissable, impossible à enfermer dans un mot. En conséquence de quoi je ne crois pas qu’il y ait une seule pensée philosophique, tout aboutie qu’elle soit, qui ait jamais, et qui pourra jamais, répondre à ce pourquoi. Si la réponse doit advenir – ce serait l’ultime connaissance, la seule qui vaille – j’incline à penser qu’elle se présente au moment précis et insaisissable où l’homme meurt, où il cesse d’être la créature finie ("finie" parce qu’un corps est constitué d’un nombre fini d’éléments) qu’il aura été durant sa vie physiologique car il faut n’être plus en butte à sa finité pour concevoir, percevoir l’in-fini. Ainsi, cette "connaissance" demeure définitivement intransmissible – elle est le dernier secret, le plus grand de tous, que chacun emporte dans sa tombe.

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  • : Terres nykthes
  • : Ce blog au nom bizarre consonant un rien "fantasy" est né en janvier 2009; et bien que la rubrique "archives" n'en laisse voir qu'une petite partie émergée l'iceberg nykthéen est bien enraciné dans les premiers jours de l'an (fut-il "de grâce" ou non, ça...) 2009. C'est un petit coin de Toile taillé pour quelques aventures d'écriture essentiellement vouées à la chronique littéraire mais dérivant parfois - vers où? Ma foi je l'ignore. Le temps le dira...
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  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui

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