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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 16:15

Née à Bruxelles, venue à Paris pour y poursuivre des études supérieures de Lettres et ayant depuis élu domicile dans la capitale française, aujourd’hui sur le point d’aller s’installer temporairement à Berlin, Diane Meur bouge beaucoup. Traductrice de l’allemand et de l’anglais en plus d’être une romancière aimant à situer ses récits dans le passé, elle traverse aussi les frontières par la plume.

On n’écrira pourtant pas de Diane Meur qu’elle est nomade – le voyageur qui l’est marche et vogue au gré des vents plus qu’il ne gouverne ses pas. Or il n’y a rien d’erratique ni de hasardeux dans ses déplacements: elle va où l’emmènent son travail, sa curiosité, ses inclinations électives… Elle s’approprie le lieu selon ce qui l’y conduit. Si, pour elle, la notion d’"appartenance nationale" n’a pas grande importance, en revanche elle s’interroge beaucoup sur ce qui pousse un État à se revendiquer propriétaire de telle ou telle terre au point d’en arriver à guerroyer pour affirmer et défendre cet ancrage. Ce questionnement fonde le dernier roman qu’elle a publié, Les Vivants et les ombres. Inscrit dans les années courant de 1730 à la veille de la Première Guerre mondiale, il couvre plus d’un siècle d’histoire germano-polonaise retracée à travers le destin des Zemka-Ponarski, une grande famille aux racines en partie aristocratiques implantée en Galicie, région tampon où se sont cruellement cristallisés tant d’enjeux nationalistes et qui est aujourd’hui partagée entre l’Ukraine et la Pologne.


couv-origine_vivants-ombres.jpgLoin d’être la saga historique à laquelle une telle présentation pourrait laisser croire, Les Vivants et les ombres est un roman surprenant à bien des égards, remarquable en tout cas par son écriture extrêmement soignée et sa construction complexe dont la cohérence jamais ne se fissure. Doublement couronné dès sa parution, à la rentrée 2007, par le prestigieux prix Rossel et sa déclinaison "Rossel des jeunes", il a ensuite obtenu en 2008 le prix du meilleur roman adaptable au cinéma décerné lors du Forum international Littérature et cinéma de Monaco, et le prix du roman historique, attribué au cours des Rendez-vous de l'Histoire de la ville de Blois. Paru au Livre de Poche au printemps 2009, il figurait parmi les ouvrages finalistes pour le Prix des lecteurs du Livre de Poche en catégorie "Littérature". Cette carrière bien remplie se poursuit presque trois ans après sa sortie puisqu'une traduction en anglais est en cours.
Sans être au faîte de l’actualité éditoriale, il reste cependant "d'actualité". D’abord parce qu’un livre de valeur ne cesse jamais d’être "d’actualité". Et parce que, outre ses qualités littéraires, il traite de la question des nationalités, que l’on sait particulièrement brûlante en de trop nombreux endroits du globe.

 

 

Bruxelloise d’origine, vous êtes installée à Paris. Qu’est-ce qui vous a conduite dans la capitale française?

Diane Meur: 
Mes motivations sont assez complexes et ça nous mènerait un peu loin que d’en explorer les détails. Disons que je suis venue à Paris à 17 ans, pour suivre des études supérieures. Je suis entrée en hypokhâgne, puis en khâgne, et j’ai ensuite intégré l’École normale supérieure de la rue d’Ulm. Cette démarche relevait d’une sorte de mythologie personnelle – Normale sup’, la rue d’Ulm… cela me faisait rêver. Mais en fait je ne savais pas trop dans quoi je m’engageais. Je me suis finalement trouvée dans mon élément, et il s’est avéré que je n’avais pas fait un trop mauvais choix.
Une fois les études finies, la décision de rester à Paris s’est prise tout naturellement: j’avais des diplômes français, toutes mes amitiés étudiantes – très fortes – s’étaient nouées ici, et c’est à Paris que j’ai eu mes premières opportunités professionnelles. Et comme je n’avais pas vraiment gardé de contacts avec des gens de mon âge à Bruxelles, je n’avais, en fait, aucune raison de revenir en Belgique. De toute façon, je ne suis pas si loin que ça de Bruxelles (rires). Je ne peux pas dire que j’aie l’impression d’être "à l’étranger" ; je ne me sens ni déracinée, ni émigrée… 350 km de distance sans changer de langue, ce n’est pas du déracinement pour moi ; ce n’est pas "le grand saut". La Belgique et la France ont tout de même des cultures très proches, et les frontières sont très perméables. Pourtant, j’ai été invitée à Buenos Aires pour intervenir dans une table ronde à propos des écritures du déracinement, de l’exil… Je ne savais pas quoi dire! Je ne me sentais pas à ma place dans ce colloque où il y avait des écrivains dont les situations étaient vraiment incroyables, par exemple une Japonaise qui écrivait en espagnol…

 

Avez-vous malgré tout le sentiment aigu d’appartenir à une communauté nationale belge?
Non, pas du tout – il faut dire que le "sentiment national" n’est pas une notion très ancrée chez moi (rires)…. Et je ne suis pas sûre qu’il y ait beaucoup de Belges qui éprouvent un fort sentiment national. C’est un pays qui n’est pas un État-nation, qui n’a pas de ciment culturel comme peuvent en avoir des États plus anciens – en tout cas c’est ainsi que je ressens les choses. On parle souvent de "l’esprit belge", d’un certain sens de l’absurde qui serait cultivé en Belgique… peut-être cela est-il dû à une absence de forte identité nationale?


Que représente pour vous le terme de "belgitude"?
Pour moi, c’est une sorte de distanciation un peu humoristique, par rapport aux affrontements linguistiques entre Wallons et Flamands par exemple (rires). J’ai l’impression que ce sont deux communautés qui se développent en se tournant le dos plutôt que deux identités nationales qui s’affrontent. D’ailleurs il y a très peu de traductions d’auteurs flamands en Belgique francophone, et très peu de traductions en flamand d’auteurs belges francophones – je trouve cela très frappant. La porosité culturelle est grande entre les Pays-Bas et la communauté flamande, entre la Belgique francophone et la France, mais quasi nulle entre Wallons et Flamands alors qu’ils font partie d’une même "nationalité"…

 

La porosité est grande en effet entre France et Belgique francophone... Il y a beaucoup de Belges édités en France, mais il y a aussi nombre d’auteurs français qui vont voir en Belgique ce qui se passe, car il y a beaucoup de maisons très dynamiques qui vont oser publier ce que de gros éditeurs français n’oseraient pas sortir…
Oui… cette osmose me paraît mieux fonctionner qu’entre la France et la Suisse francophone, par exemple. Cela dit, si la plupart des librairies francophones de Bruxelles proposent les dernières nouveautés publiées en France à côté d’auteurs locaux, je ne suis pas sûre qu’il soit aussi facile de trouver à Paris une librairie disposant d’un large éventail de parutions belges récentes – hormis celle du Centre Wallonie-Bruxelles.


Bien que n’éprouvant pas de "sentiment national belge", avez-vous tout de même une propension particulière à fréquenter les autres auteurs belges installés à Paris?
En fait j’en connais peu, que je rencontre assez régulièrement aux soirées du Centre Wallonie-Bruxelles par exemple. Mais je ne peux pas dire pour autant que je fasse partie d’un cénacle belgo-belge, ni que je sois membre d’un Cercle-des-auteurs-belges-installés-à-Paris! Par contre, j’éprouve un plaisir particulier à retrouver en Belgique les auteurs belges – il m’arrive très souvent, désormais, de retourner à Bruxelles du fait que j’ai de nombreux contacts professionnels là-bas, ce qui n’était pas le cas pendant les quinze premières années que j’ai passées à Paris – parce que j’ai l’impression d’avoir en commun avec eux un certain esprit, une façon de ne pas se prendre trop au sérieux et de cultiver une sorte de non-formalisme qui n’a pas cours à Paris. Même si nous n’avons pas de sentiment très fort d’appartenance nationale– du moins en ce qui me concerne – il y a, je pense, cet esprit particulier qui nous réunit, cette propension à s’amuser avec ce qui a priori est un peu sombre. Comme le temps: il fait mauvais, souvent gris, et peut-être que ça encourage une certaine forme d’humour? Mais je doute que ce soit purement géographique: j’ai retrouvé ce genre de mentalité chez les Tchèques, chez les Croates – cette espèce d’humour noir, cette tendance à la satire, le goût prononcé pour un fantastique relativement réaliste… toutes choses qui ne sont pas tellement dans la tradition française.

 

Les pays auxquels vous venez de vous référer ont en commun d’avoir connu – ou de connaître encore – de sacrés problèmes quant à leur constitution en État-nation…
Oui, c’est vrai… Peut-être en effet y a-t-il un parallélisme entre ces difficultés liées à l’identité nationale et ce sens de l’humour très particulier qui se développe dans ces pays…

 

carte pologne vivants-ombreVoilà la transition idéale pour aborder votre roman Les Vivants et les ombres. Il est situé en Galicie à une période particulièrement turbulente – correspondant, grosso modo, au XIXe siècle – pour cette région, aujourd’hui partagée entre la Pologne et l’Ukraine. C’est une sorte d’archétype du territoire déchiré…
Oui, c’est une de ces régions d’Europe centrale qui n’ont cessé de passer de mains en mains, de ces territoires aux contours mouvants – bien plus mouvants que ceux des grands États-nations – à l’intérieur desquels les communautés linguistiques s’imbriquent avec une étonnante complexité. Et cela confère à ces pays une grande richesse culturelle: quand on est sur place ou que, du moins, on lit la littérature locale, on sent de manière très aiguë ce feuilletage d’époques, de cultures différentes qui toutes ont laissé des traces, à un niveau ou à un autre. Je trouve qu’il y a quelque chose de vertigineux dans ces frontières qui vont et viennent, se baladent… Ces situations sont comme des cas d’école à opposer aux points de vue des nationalistes selon lesquels il y aurait une sorte d’essence du sol qui aurait de tout temps eu vocation à être "français", "italien", "allemand", etc. L’exemple de la Galicie, dont je me suis emparée pour ce roman, montre bien qu’il n’en est rien: le sol n’est à personne, les hommes passent dessus puis s’en vont… La langue n’a donc rien à voir avec la terre; elle est simplement parlée par ceux qui passent et se promènent dessus.

 

La question linguistique est récurrente dans votre roman. L’on s’attache à parler allemand pour affirmer son niveau culturel, on s’exprime en polonais pour marquer ses convictions nationalistes… La langue a aussi un sens social très fort – par exemple le polonais est la langue des maîtres, le ruthène celle des serfs…
Concernant ce dernier point, cela correspond à une réalité antérieure à 1848. En fait il n’y a aucune conscience nationale dans la paysannerie. Les paysans – même ceux qui parlent polonais – ne se sentent pas du tout concernés par cette ambition de faire revivre la Pologne en tant qu’État ; d’ailleurs ils ne se reconnaissent pas comme "polonais": pour eux, les Polonais sont des gens éduqués, qui savent lire et écrire – ce sont des maîtres. Et ce sont eux qui mènent les luttes d’indépendance. Mais cet antagonisme de classe va évoluer et le point de vue national s’imposer – chacun sera soit polonais, soit ukrainien; la question ne se posera plus en termes de classe sociale mais d’appartenance nationale. Le processus se met en place très progressivement. Et au fur et à mesure que le siècle avance, les paysans polonophones se rallieront aux défenseurs de l’indépendance polonaise. C’est ce glissement dont j’ai voulu rendre compte dans mon roman ; il est passionnant à observer – terrifiant aussi quand on voit ce qu’ont été dans cette région les années qui ont suivi la fin de la Première Guerre mondiale…
Tout passionnants qu’ils soient, ce ne sont pas les problèmes linguistiques en eux-mêmes qui m’ont intéressée mais les prétentions que les communautés humaines peuvent avoir sur les territoires, l’entêtement qu’elles montrent à s’approprier et à englober dans leur entité nationale telle ou telle portion de sol en vertu, justement, de critères linguistiques dont au fond elles ne se soucient pas vraiment – seule compte l’appropriation. Et cela conduit en général à des situations tragiques, à des affrontements sanglants… Mais si l’on réfléchit, ces prétentions nationalistes sont absurdes! Par quelle opération du Saint-Esprit tel ou tel bout de terre appartiendrait-il à tel groupe humain plutôt qu’à tel autre? Je trouve le concept de "nation" très pesant et je pourrais facilement m’en passer – certains mauvais esprits allègueront peut-être que cette absence de conscience nationale vient de ce que je suis belge? (rires) Et Les Vivants et les ombres peut sans doute se lire comme un long pamphlet contre cette idée de "nation"…

 

Le terme "pamphlet" éclaire tout d’un coup ma lecture du roman qui a été de bout en bout dominée par le sentiment diffus  qu’il y avait, à travers les propos de votre narratrice, une sorte d’ironie ou, plus exactement, une façon subtile de tourner en dérision tel ou tel aspect du caractère des personnages – par exemple l’inclination au romantisme de Clara, la tyrannie de Jozef… Mais il est vrai qu’avoir choisi de confier la narration à la maison participe d’une étrangeté humoristique que l’on retrouve dans ces passages où les ustensiles de cuisine, les rideaux de percale prennent la parole… Le ton de votre roman est vraiment singulier!
Je suis contente que vous ayez ressenti cela car c’était bel et bien mon intention que d’introduire de l’humour dans ce roman, et même quelques éléments fantastiques – une maison-narratrice, des objets qui parlent, des fantômes qui se promènent, des morts qui continuent d’influencer les vivants… En revanche, je ne crois pas que l’ironie, bien réelle, soit permanente; s’il y a effectivement des personnages odieux et assez caricaturaux, la narratrice – la maison – éprouve aussi une profonde empathie pour certains – Jozef par exemple. Elle comprend de l’intérieur sa vision du monde sans la partager. La maison abhorre la façon dont Jozef voir le monde mais en même temps elle parle de lui de telle manière qu’on comprend très bien comment il fonctionne et ce qui est à l’origine de son attitude.
Quant à la présence d’éléments "fantastiques", c’est peut-être simplement une façon très métaphorique d’exprimer des choses qui sont par ailleurs bien observables. Le poids des générations précédentes se fait toujours sentir dans une famille, et à l’intérieur de chaque individu aussi. Et puis donner au récit un petit air de "conte fantastique" était un moyen, pour moi, de souligner encore cette absurdité des prétentions humaines sur le sol. Cela dit, je ne sais pas si l’on admet si facilement qu’un roman "historique" puisse aussi être fantastique – mais selon moi, ces deux caractéristiques sont bien présentes dans ce roman; il est très documenté – je ne me suis autorisé aucune liberté en ce qui regarde l’exactitude historique mais en revanche je me suis laissé aller à quelques divagations ainsi qu’à une certaine liberté narrative justement parce que le fond historique et social est solidement construit.

 

Avoir écrit le roman à la première personne en choisissant pour narratrice la maison où vivent les personnages est une démarche plutôt originale. Outre que cela permet l’adoption d’un point de vue à la fois intérieur et extérieur, je me suis demandé si ce n’était pas une façon de mettre en abîme le personnage du romancier et sa position démiurgique – vous prêtez parfois à la maison des propos que ne renierait pas un romancier qui parlerait de lui se regardant travailler et décidant qu’il va faire de tel personnage une fille perdue, de tel autre un tyran domestique, etc.
Quand j’écris, j’ai l’impression très forte qu’à l’intérieur, je grouille de personnages, que je suis habitée par eux et qu’ils sont là, extrêmement présents en moi. Ils prennent la parole dans ma tête et c’est très déstabilisant – je dois alors noter tout de suite ce qu’ils disent, parce qu’ils ne se répètent pas! J’ai parfois l’impression qu’ils commencent à avoir leur vie propre et qu’au fur et à mesure de l’écriture une cohérence se met en place pour chaque personnage ; en me relisant, je m’aperçois qu’au début je n’avais pas encore trouvé la note juste – par exemple, après avoir écrit les premiers chapitres, je me suis relue et je me suis dit que je ne pouvais pas faire parler Jozef comme je l’avais fait, que ça ne lui ressemblait pas et que je devais changer…
Je pense que c’est ce sentiment très particulier d’être "habitée" par les personnages qui m’a permis de m’identifier aussi étroitement à la maison au point d’en faire la narratrice du roman – ce qui, a priori, est une situation assez étrange car on ne s’identifie pas spontanément à une maison mais, malgré cette étrangeté, j’ai vraiment pris très au sérieux ce personnage de la maison-narratrice, jusque dans sa corporéité. Le point de vue de la maison est peut-être proche de celui du romancier, en revanche elle n’est ni dans l’omniscience, ni dans la toute-puissance: elle n’agit pas sur les personnages autant qu’elle le souhaiterait ; son impuissance et son incapacité à bouger lui pèsent. Et de savoir que beaucoup de choses lui échappent la rend furieuse… Du coup, elle envie les êtres humains de pouvoir bouger, s’en aller, obéir à leurs sentiments… vivre en un mot. Elle perd bien quelques tuiles de temps en temps mais ce n’est pas vivre, ça… D’ailleurs, à la fin elle s’incarne. Mais je pense qu’elle en rêvait depuis le début…

 

Restons un peu sur Jozef Zemka-Ponarski, qui est la figure centrale du roman. Personnage complexe, à cheval entre deux mondes puisque né du mariage d’une aristocrate et d’un roturier, il vit mal cette hybridation – il revendique la part aristocratique de son ascendance, la branche Ponarski, et essaie d’oublier la part roturière qu’a apportée son père confiseur. De plus, il meurt à 85 ans, ce qui l’installe dans le récit pratiquement du début à la fin…
Je n’ai pas construit un personnage pareil pour de simples besoins romanesques – j’ai dans un premier temps beaucoup étudié le contexte historique. Cela m’a appris qu’en Pologne, la notion d’aristocratie n’était pas du tout la même qu’en France. D’une part, la noblesse polonaise représentait une fraction beaucoup plus importante de la population, environ 10%. Et, surtout, c’était une classe très composite – par exemple, quand les titres de noblesse ont fait l’objet d’une révision dans la partie russe de la Pologne, des branches entières de familles nobles ont été dépossédées de leur titre. Du coup les gens ont été ramenés à des rangs très inférieurs – pas forcément des serfs mais des paysans. C’est ainsi que j’ai trouvé mention d’un intendant de domaine qui était un descendant des anciens propriétaires. Ce ne sont donc pas seulement les territoires et les frontières qui bougent mais aussi les statuts sociaux – on a été, on n’est plus mais on redeviendra… peut-être tous ces flux et reflux de situations sociales ajoutent-ils un peu d’ironie au ton d’ensemble…


Jozef s’efforce de renier son ascendance Zemka, mais c’est tout de même de ce côté-là que lui vient la fortune: les "Pastilles de la Vierge", ces bonbons créés par son père et qui sont très réputés, font vivre sa famille mais aussi toute la région alentour…
D’abord ce sont des pastilles, pas des bonbons – en fait ces pastilles ont des vertus médicinales, elles sont censées adoucir la gorge. C’est de la pharmacopée préscientifique… On va davantage vers le bonbon, vers la chose mignonne et un peu kitsch quand les Zemka-Ponarski décident de changer le nom et d’appeler les pastilles les "Délices de Sissi"… Mais c’est justement là que tout bascule et qu’ils perdent tout. Cela correspond à une réalité: il y a eu au XIXe siècle des crises économiques comparables aux nôtres – et aujourd’hui, il suffit de se tenir un tant soit peu informé pour réaliser qu’un choix malheureux de nom ou de logo peut conduite à des désastres…


Vous avez dit tout à l’heure que le fond historique de votre roman avait été soigneusement construit. Vous avez donc été très scrupuleuse dans vos recherches documentaires et l’utilisation des informations que vous récoltiez?
Oui, cela tournait même à l’obsession! Par exemple, j’ai cherché à savoir combien de temps il fallait pour qu’un événement survenant à Vienne soit connu dans la campagne galicienne. Cela prenait environ 48 heures. Ce n’est pas anodin: ce genre de détail influe sur la narration et en tenir compte évite de créer des situations non vraisemblables. Reste que ce souci du détail devenait parfois très envahissant!

 

Quelles ont été vos sources?
J’ai d’abord lu des auteurs galiciens – cela remonte à une dizaine d’années. Certains sont assez connus en France, d’autres pas du tout – mais comme je lis l’allemand, j’ai pu accéder à leurs œuvres par des sources autrichiennes. De toutes ces lectures, de style et de ton très variés – ça allait de la petite nouvelle réaliste aux contes fantastiques –ressortait comme un "esprit du lieu": je sentais la Galicie, j’avais vraiment l’impression de connaître cette région à travers ses écrivains et de savoir "comment c’était là-bas" alors que je n’y étais encore jamais allée. C’était très étrange… Ces lectures, ces sensations… tout cela a formé une sorte de paquet, de boule à peu près cohérente et, après avoir relu ces livres, quand l’idée du roman s’est précisée, j’ai abordé des ouvrages beaucoup plus universitaires. La bibliographie est très fournie – parmi les ouvrages de référence, je citerai la somme d’Adam Wandruszka sur la monarchie des Habsbourg, en sept ou huit volumes dont un porte sur le droit, un autre sur l’économie… Étant donné ma formation, je sais comment chercher les informations, comment partir du général pour aller vers le détail, et j’ai ainsi collecté toute une série de petits articles et de documents sur des choses qui me touchaient – par exemple une monographie de vingt pages sur les événements survenus en février 1846 dans le district de Tarnov, ou bien un texte traitant du rôle qu’a eu le clergé uniate dans la constitution de l’esprit national ukrainien…

 

Votre démarche ressemble beaucoup à celle de l’historien bûchant pour écrire un gros essai... Avez-vous également travaillé sur des documents d’époque – des chartes, des documents cadastraux, etc.?
Non, parce que cela aurait impliqué que je passe des mois entiers sur le terrain. Or j’ai un autre métier, une vie de famille qui s’est organisée ici, à Paris, et il m’aurait été trop difficile d’aller m’installer longtemps en Galicie. Mais ça ne me déplairait pas de le faire si je n’avais aucune contrainte… je serais bien capable de me lancer dans des recherches de plusieurs années et de me plonger dans les archives de la police galicienne – mais alors il n’y aurait jamais de roman ! Si l’on veut écrire un roman, vient un moment où il faut savoir arrêter les recherches documentaires. De toute façon, ce travail sur les sources me serait vite devenu impossible car je ne lis ni l’ukrainien, ni le polonais. Je me suis bornée à lire des historiens allemands ou autrichiens qui, eux, avaient déjà effectué le dépouillement puis l’analyse des documents de première main. Ou des traductions anglaises d’ouvrages polonais…

 

Dès lors que vous avez commencé de "sentir" la Galicie, j’imagine qu’entre vos lectures documentaires et la genèse de l’histoire, des personnages, il ne doit pas être vraiment possible d’établir une chronologie?
Non, en effet. Ce qui a été présent dès le départ, c’est le cadre – la maison, les paysages, etc.  – et quelques personnages, par exemple le couple du frère et de la sœur qui apparaît à la fin (c’est un motif très austro-hongrois, très "décadence viennoise"…) et Jozef, avec ses filles. D’autres qui n’avaient qu’une vague présence se sont affinés, précisés au fil de l’écriture. Et d’autres encore s’imposaient en fonction de ce que je lisais: à force de lire, d’entrevoir ce qui était vraisemblable, ce qui se produisait souvent, ce qui pouvait se produire, etc. des personnages se dessinaient qui me paraissaient à même d’incarner tel ou tel aspect des réalités de l’époque. Je fonctionnais par interactions successives, en alternant phases de recherches et phases d’écriture. Comme je ne voulais pas attendre d’avoir fini toutes mes lectures pour commencer à écrire, j’entamais la rédaction, puis je repartais en quête d’informations dès que le besoin s’en faisait sentir. Jusqu’au bout, jusqu’au dernier chapitre il y a eu ce mouvement de va-et-vient entre l’écriture et la recherche. Et ce faisant, je m’apercevais parfois que certaines choses que j’avais écrites devaient être corrigées – par exemple, en me documentant sur les protocoles d’immigration aux États-Unis, je me suis aussi renseignée sur les endroits où les candidats à l’émigration venus de l’empire austro-hongrois prenaient le bateau. Je croyais qu’ils embarquaient à Trieste, mais c’est en Allemagne qu’ils allaient prendre le bateau pour l’Amérique…

 

Je me doute que vous n’avez pas chronométré chacune des phases de votre travail, mais avez-vous tout de même une idée assez précise du temps que vous a demandé l’écriture de ce roman?
Ce sera une estimation un peu "à la louche" parce qu’en effet je ne chronomètre pas. Et puis j’ai d’autres activités qui sont menées simultanément. Mais comme je tiens un journal, je peux remonter assez facilement aux tout débuts, quand j’ai commencé à écrire les premiers mots. J’avais alors une vision globale des premiers chapitres mais sans véritable projet derrière – et cela me ramène à 2004. Il m’a donc fallu à peu près trois ans pour terminer le roman. J’ai passé l’essentiel de la première année à relire quelques livres de mon corpus, sans trop savoir où j’allais. Et par la suite, le travail d’écriture a été entrecoupé de traductions.


La place de l’Histoire, dans votre livre, est assez particulière ; elle est "là" et "pas là": la maison-narratrice est loin de tous les centres névralgiques d’émergences idéologiques, loin des endroits où naissent les mouvements, et pourtant les échos très nets de tout cela lui parviennent malgré tout…
Oui; il est rare que le vent de l’Histoire souffle directement sur moi. [... dit la maison, p. 87 - précision de l'auteur].

 

Quelle belle formule! et qui correspond si bien à la façon dont le livre est conçu – par exemple, on ne trouve jamais la moindre note, et il n’y a pas non plus d’avant-propos situant le contexte du roman, comme c’est souvent le cas dans les romans historiques qui, tout en étant posés comme des fictions assumées sont en général assortis d’un minimum d’annexes documentaires visant à affermir leur ancrage dans la réalité.
En effet, les informations sont là, mais intégrées au récit, à la matière narrative. La maison-narratrice n’est pas historienne, il n’y a donc aucune raison pour qu’elle se mette à pérorer sur "ce qui se passe". Par contre, révéler les événements par le truchement de personnages qui arrivent dans la maison et se mettent à les raconter est parfaitement cohérent. Je voulais qu’il y ait dans mon roman tous les éléments permettant de l’identifier comme "historique" sans qu’ils constituent une simple toile de fond – je voulais, au contraire, que le contexte historique fasse vraiment partie du récit, qu’il soit concrètement là, dans la maison, de façon charnelle, incarnée. Mais j’ai aussi veillé à ne pas égarer le lecteur… j’ai donc fait en sorte qu’il sache toujours, par exemple, en quelle année il se trouve. Finalement, le récit est assez pédagogique – même si c’est très discret. Et puis c’était une contrainte narrative qui m’amusait beaucoup que de tâcher de faire passer dans le récit à peu près tout ce qui se passe à travers l’Europe sans que la narratrice bouge!


Une sacrée contrainte en effet. C’est justement l’un des points forts de votre roman : vous avez tenu jusqu’au bout, sans faillir, chacun des partis-pris narratifs que vous aviez choisis au départ, aussi singuliers soient-ils. La cohérence est parfaite du début à la fin ; les passages "fantaisistes" eux-mêmes participent de la cohésion générale…
La cohérence d’ensemble est thématique – il s’agit de répondre à la question "Qui sont les Zemka?", et aussi de comprendre comment la perception de tel ou tel fait se transforme au fil du temps. Il y a des éléments concernant cette famille autour de laquelle le récit est construit qui sont posés dès le début du texte, qui sont présents dès les premières générations mais on ne comprend leur signification, leur portée et leur importance qu’au bout de plusieurs décennies.
Je n’ai jamais cherché à faire oublier que l’on était dans une fiction, et je n’ai jamais voulu, non plus, sortir de la trame romanesque. Car mon intention n’a pas été d’écrire un "roman historique" au sens étroit du terme – je ne m’y risquerai pas parce que ce n’est pas ça l’Histoire: à force d’étudier les sources, on se rend compte que l’on est toujours sur un terrain mouvant, que tel auteur dit une chose tandis que tel autre dira le contraire, que la "réalité" de tel endroit diffère de celle qui a cours deux cents kilomètres plus loin, que ce qui est reconnu "vrai" à un moment cessera de l’être dix ans plus tard… Rien n’est jamais assuré, le monde est vaste, compliqué, je ne voulais donc pas que mon roman soit simple. Mais j’ai quand même eu des difficultés à tenir la distance… je me suis souvent interrompue – parfois pendant deux, trois mois – parce que je n’en pouvais plus. Cela relevait de l’épuisement physique… j’avais le sentiment que je ne parvenais pas à tenir ensemble tous les fils de mon histoire. J’ai tout de même réussi à ne pas lâcher la barre et à faire en sorte que le récit se suive jusqu’au bout, malgré les retours en arrière, et les révélations successives.

 

Les Vivants et les ombres a reçu plusieurs récompenses, dont la première a été, fin 2007, le prestigieux prix Rossel – doublé de surcroît par le Rossel des Jeunes. Cela a-t-il changé beaucoup de choses dans votre vie ?
Le fait que ce roman ait bénéficié d’une réelle reconnaissance – à la fois du public et des jurys – représente d’abord un certain soulagement vis-à-vis de mon éditrice, Sabine Wespieser, qui me suit et me soutient depuis mes débuts. Et puis cela m’a valu d’être invitée à de nombreuses manifestations auxquelles je n’aurais peut-être pas été conviée si je n’avais pas obtenu ces prix. Mais en définitive, il n’y a pas eu de véritables changements en ce qui concerne l’organisation de ma vie au quotidien; quand j’écris, je vis dans une sorte de bulle, assez hermétique, et je ne me rends pas très bien compte de ce qui se passe au-dehors…

 

Comment en êtes-vous venue à être éditée par Sabine Wespieser? Est-ce parce que vous êtes belge et qu’elle est disciple d’Hubert Nyssen?
Non, la Belgique et Actes Sud ne sont pour rien dans ces débuts éditoriaux – en revanche, à la suite de ce premier roman publié, Actes Sud m’a contactée pour me confier des traductions. J’ai connu Sabine alors qu’elle travaillait encore chez Librio. Puis je me suis lancée dans l’écriture d’un roman médiéval – sans la moindre perspective éditoriale, je dois le préciser… j’en étais à peu près aux deux tiers quand j’ai appris que Sabine avait quitté Librio et qu’elle se préparait à fonder sa propre maison. Je lui ai envoyé ce qui était déjà rédigé soit quelque 500 pages. "Mais qu’est-ce que c’est que ce roman fleuve?" a-t-elle demandé… Elle l’a malgré tout lu jusqu’au bout et elle a adoré! C’est tout juste si elle ne m’a pas signé le contrat avant que j’aie terminé d’écrire… Je crois que c’était vraiment le bon moment pour elle et pour moi. Ce roman a donc été de ceux qu’elle a publiés pour sa première rentrée littéraire, et depuis nous ne nous sommes plus quittées.

 

couv-poche_vie-de-mardochee.jpgVous venez d’évoquer votre premier roman [La Vie de Mardochée de Löwenfels écrite par lui-même qui vient de paraître au Livre de Poche - NdR] en le qualifiant de "roman médiéval". Tous vos romans sont-ils ainsi centrés sur un moment particulier de l’histoire?
En fait aucun ne se ressemble. Au point que des lecteurs ont été déboussolés (rires)… Mais ils ont tous en commun une trame similaire: le temps qui s’écoule, au fil duquel se déroulent les existences individuelles et se succèdent les générations… C’est une trame où s’actualisent à la fois la durée et les mutations mais je n’emploierai pas l’expression "toile de fond" parce qu’elle a une connotation trop anecdotique. Je suis profondément fascinée par tout ce qui porte trace de cette durée et de ces changements: les vieilles maisons dont les murs ont traversé les années et les événements; les patronymes, qui véhiculent avec eux la mémoire de choses très anciennes et la communiquent à ceux qui les portent qui, à leur tour, la transmettront à leurs descendants; et les toponymes aussi ont quelque chose de fascinant dès lors qu’on regarde leur étymologie, comment ils ont évolué… Tout cela parle à mon imagination mais je ne sais pas très bien pourquoi.

 

Avez-vous une formation d’historienne?
Non, pas vraiment; mais j’ai toujours eu du goût pour l’histoire, bien que ce ne soit pas devenu ma spécialité. Et puis il se trouve que bon nombre d’ouvrages de sciences humaines que j’ai eu à traduire avaient à voir avec l’histoire ou avec la philosophie de l'histoire. Je me suis rendu compte que j’étais très sensible au flux temporel, à son déroulement dynamique – à son mouvement plus qu’à des listes énumératives de dates, d’événements, de souverains, etc. Je n’ai d’ailleurs pas de période de prédilection; les époques qui m’attirent sont celles qui me paraissent particulièrement fécondes en ce qui regarde les retournements dialectiques, les remous – par exemple quand des gens s’efforcent de prolonger ce qui existe mais de telle manière que, finalement, leur entêtement détruit ce qu’ils cherchaient à préserver…

Vous vous engagez dans des travaux romanesques de très longue haleine, tant en ce qui regarde l'écriture que la documentation; résulte-t-il de cela que vous avez besoin de beaucoup de temps pour vous détacher des personnages que vous avez créés?
Oui. Le temps de déprise est encore plus long avec ce livre, d’abord parce qu’il a une carrière assez étendue dans la durée. Et chaque fois qu’il a obtenu un prix, cela a été une nouvelle occasion pour moi de parler du roman, des personnages… C’est terrible, vous savez… j’ai l’impression que les Zemka-Ponarski refusent de me laisser tranquille! En fait, ce sont moins les personnages que les lieux qui continuent de me hanter; c’est un peu comme si j’étais encore ancrée en Galicie, comme si j’habitais cette maison… Et je mets du temps à me sortir de cela. Quand je pense aux lecteurs qui me demandent si je vais écrire une suite! De toute façon, je ne pense pas que la construction de ce roman s’y prête.

 

La fin pourtant reste ouverte, très ouverte même avec la maison qui s'incarne dans un fœtus – le symbole même de l'avenir…
En effet. Mais elle n’appelle pas de suite – pas pour moi en tout cas: tout ce qui a trait au territoire, qui a un lien avec le sol, la terre, est terminé. C’est fini et je ne pense pas qu’on puisse y mettre un terme de façon plus affirmée qu’en prenant le bateau pour aller s’installer ailleurs – ce qui se passe dans le dernier chapitre. La fin du roman est peut-être ouverte sur un plan thématique mais, narrativement, elle est fermée. Donc pas de suite envisageable!

 

Si vous êtes hantée par le lieu, peut-être allez-vous retourner en Galicie?
Oui. Certainement, je pense qu'on me reverra là-bas. De toute façon je n'y suis allée qu'en été; il faudrait que je voie la Galicie en plein hiver.


Pour rester dans la terminologie du territoire, dans quel état se trouvent vos terres romanesques? Encore vierges?
Je parle difficilement de ce qui est en gestation. Tant qu'un projet n'est pas mené à terme, je préfère n’en rien dire – l’évoquer me déstabilise un peu. Et puis j’ai différents travaux de traduction qui m’appellent ; ce n’est pas seulement une activité alimentaire: traduire me ressource, c’est un travail qui implique une étude de texte très approfondie, et j'ai besoin de revenir régulièrement à la traduction.

 
Abordez-vous la traduction en immersion totale, comme l'écriture romanesque?
Oui; c'est pour ça qu'il faut un temps pour chaque activité; on peut être habité simultanément par un certain nombre de choses, mais pas trop sinon, ce ne serait pas vivable!


Traduisez-vous surtout des romans ou des essais?
Un peu des deux. Pendant plusieurs années je n'ai traduit que des romans, et il y a quelques mois, je me suis rendu compte que j'avais très envie de traduire à nouveau des textes de sciences humaines.


Quand vous traduisez une fiction et que vous avez en même temps un roman en cours d’écriture, ces deux univers ne risquent-ils pas d’entrer en conflit, ou d’interférer l’un avec l’autre?
En principe je procède plutôt par phases: par exemple j'arrête de traduire pendant deux, trois mois pour me consacrer à l'écriture, ou bien j'interromps mon roman pour revenir à traduction. Ainsi les deux activités ne se mélangent jamais vraiment. Je peux traduire et écrire en même temps quand traduction et roman en sont chacun à un stade d’écriture différent – je travaille à ma traduction en début de journée puis, s'il me reste quelques heures de disponibilité, je vais aller faire des lectures, des recherches documentaires pour mon roman. Mais je ne vais pas prendre la plume pour écrire d’un jet ma propre fiction! Aller et venir de l’écriture fictionnelle à une traduction, c’est un peu un système de tiroirs – on en ouvre un, puis on le ferme avant d’en ouvrir un autre et ainsi de suite…

 

Entretien réalisé en décembre 2008 au salon de thé-restaurant Le Quincampe - 78 Rue Quincampoix, 75003 Paris .

 

 

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