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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 09:13

Tout est parti d'un message issu du réseau Facebook. J'étais "invitée à l'événement Konsstrukt présente...". Ayant la charge d'en faire une dépêche informative qui puisse être publiée sur le site k-libre, je me suis lancée dans quelques investigations à coups de tapotages de clavier, d'où ont jailli plus de questions que de réponses...

C'est rêche en bouche, avec ces sons durs et ces lettres à angles qui ont l'air de vouloir vous arracher le voile du palais en passant. Et puis malgré les capacités des moteurs de recherche, pas moyen de trouver quelque chose qui fissure vraiment le masque de ce nom bizarre. K-O-N-S-S-T-R-U-K-T. Il y a quand même un blog. Où il est écrit "le collectif Konsstrukt existe depuis 1998. Littérature. Arts plastiques. Musique". La déduction va alors de soi – ce sont des artistes de plusieurs disciplines qui se sont regroupés, comme cela se fait de plus en plus souvent. Sauf que sur la Toile on joue des masques plus aisément qu'ailleurs, et qu'en fait de "collectif", Konsstrukt est peut-être une seule personne aux talents artistiques divers...

À en croire un blogueur, surgi au détour d'une requête sur Google, les textes épars semés çà et là sur la Toile et signés Konsstrukt "sentent le vécu", sont "trash" quand il est question d'amour et de sexe mais aussi très beaux... Ben voyons. Le "trash vécu" a le vent en poupe, je crois... Pourvu que ce soit bien crade dans la forme comme dans le fond, si possible fruste et rudimentaire dans les moyens d'expression (mots ou images) parce que le "brut de décoffrage" est devenu un label de qualité, c'est forcément génial... Oh, je n'en ai pas après Konsstrukt en particulier
– j'estime n'avoir pas assez exploré ses productions pour me permettre de formuler une appréciation quelconque. J'ai juste glissé ce petit coup de gueule là parce qu'une perche m'a été tendue qui m'a laissé supposer que la saveur dominante de tout cela était peut-être, tout bonnement, le mystère, dû à cette impossibilité qu'il y a à faire correspondre un mot, Konsstrukt, et une image concrète.
Il n'empêche que Konsstrukt produit des œuvres – poèmes, romans, dessins, morceaux de musique téléchargeables à partir de son blog (dont les mots sont pratiquement illisibles tant le corps de texte est minuscule) – et qu'il vient de lancer une revue électronique baptisée L'Angoisse dont on peut télécharger le premier numéro gratuitement depuis cette page. Le lancement de cette revue sera certainement l'occasion de découvrir qui est Konsstrukt : L'Angoisse n° 1 sera présentée à la Société de curiosités à Paris* le samedi 22 janvier et l'équipe de conception y sera paraît-il en chair et en os. Au programme : des projections vidéos, des lectures, de la musique...


* Eh non – quand l’astérisque habituellement signale que l’on va donner une adresse postale, un numéro de téléphone, ici ne figurera qu’une adresse électronique, lasocietedecuriosites@gmail.com. Car la Société de curiosités ne communique les renseignements pratiques que par courriel ! Ladite Société dispose pourtant d'un site, lequel donne à comprendre qu’il s’agit d’un "projet artistique". Mais pour savoir quelles sont les manifestations organisées, et surtout où se trouve la Société, la seule solution est d'attendre que l'on réponde à votre courriel. Une façon de procéder dont on comprend mal le fondement - en quoi mentionner une adresse physique nuirait-elle à l'originalité du "projet" ? Tel internaute qui, un peu énervé de n'avoir obtenu aucune réponse alors qu'il a demandé l'adresse par trois fois, conclut son message ainsi "Si vous ne voulez pas qu'on vienne, ne faites plus rien". Il lui est rétorqué d'écrire à l'adresse électronique "maintes fois indiquée" (lu dans la rubrique "Infact") ! C'est crispant, et donne à l'internaute l'impression de se heurter à un mur - cela coupe net l'envie de s'intéresser plus avant à ce "projet". Serait-ce donc que ces férus d’espace virtuel seraient susceptibles de se satisfaire d’une fréquentation purement virtuelle de leur "lieu artistique" lui bien concret ? Sans doute est-ce là, dans ce goût de la dissimulation, que se trouvent les atomes à crocs par lesquels Konsstrukt et la Société de curiosités se sont liés.


superpositions_texte.jpg

Il me semble qu'avancer masqué, se retrancher derrière des chemins cryptés n'a de sens et d'attrait qu'à la condition de laisser tout de même entrevoir un petit bout de soi, un tout petit bout qui suffise à maintenir l'intérêt. Que le "petit bout" soit dissous dans une trop vague nébulosité et c'est la désertion assurée - du moins en ce qui me concerne, moi qui ne suis pas de l'espèce des entêtés.

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commentaires

Jako Konsstrukt 06/04/2011 01:22


Salut,
je viens de tomber un peu par hasard sur ton article. Je ne sais pas si depuis tu as obtenu quelques éclaircissements, alors dans le doute, voici:
Konsstrukt est bel et bien un collectif, nous sommes une bonne dizaine, ou une petite, je ne sais plus trop, à graviter autour et parfois dedans.
Nous sommes rmistes de foi et de profession et occupons nos heures pour certains en dessinant, pour d'autres en faisant du bruit, ou encore en tartinant des pages.
Le blog auquel tu fais mention, est principalement consacré à Christophe Siebert, qui n'est autre que le fondateur du collectif. Il a longtemps officié sur le net sous le nom même de
Konsstrukt.
Si tu veux en savoir un peu plus sur nos activités à tous, je te laisse quelques liens:
www.konsstrukt.blogspot.com
www.myspace.com/duremere
www.lalilas.over-blog.com
www.myspace.com/miamiamiaw
www.lemechantesbetes.over-blog.com

Konsstrukt, ponce puis latte.


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  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui

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