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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 10:22
Voici deux ans les amateurs de littérature étrange et fantastique retrouvaient, grâce aux éditions Zulma, les traits familiers – bien que rafraîchis par une nouvelle maquette – de leur revue Le Visage Vert. À cette occasion je m’étais tournée vers Xavier Legrand-Ferronnière, son fondateur, pour en savoir davantage sur cette résurrection et, par là même sur l’histoire de la revue que j’avais découverte peu avant (vous pouvez lire cette e-terview à la suite de la chronique consacrée au n° 14 en suivant ce lien).
En découvrant, au printemps dernier, que le Visage Vert commençait de développer un secteur éditorial – à ce jour cinq ouvrages* sont disponibles – je décidai de retourner vers lui afin d’obtenir quelques informations complémentaires. Sollicité par l’entremise d’Anne-Sylvie Homassel (collaboratrice de longue date du Visage Vert et auteur entre autres des nouvelles traductions des aventures de Fu Manchu publiées par Zulma), il s’est à nouveau prêté au petit jeu des questions électroniques…

Dans votre éditorial du n° 14, vous écriviez que, pendant les quatre années d’absence de la revue, vos "malles" n’avaient cessé de se remplir. Par ailleurs, dans notre premier entretien, vous disiez que ce long silence avait occasionné bien des frustrations, et que la matière accumulée débordait largement les possibilités de publication qu’offrait une périodicité annuelle. Peut-on dire que si la revue avait continué de paraître régulièrement tous les six mois, les éditions Le Visage vert n’auraient pas vu le jour ?
Xavier Legrand-Ferronnière:

Pas vraiment. S’il est vrai que la revue, semestrielle ou annuelle, ne peut absorber nos réserves de textes, il est une autre circonstance qui s’est avérée décisive – à savoir l’arrêt, pour certains d’entre nous, de toute collaboration avec les éditions Terre de Brume. Près de cinquante titres du domaine fantastique ou mystérieux se sont ainsi retrouvés en souffrance. Sans éditeur pour publier romans et recueils, nous nous sommes rapidement demandé comment renouer avec le plaisir d’éditer.

Quand, comment a pris corps la décision de se lancer dans l’édition ?
C’est l’expérience (positive) de l’impression numérique qui nous a décidés à passer à l’acte, avec des textes déjà prêts (Collier, Siefener). La maquette a été préparée à l’été 2008.

De quelle nature est votre structure éditoriale ? S’agit-il d’édition associative ou plus classiquement d’édition à compte d’éditeur ?
Il s’agit de la même association qui gère Le Visage Vert et maintenant la maison d’édition.

Comment ont été choisis les premiers livres à éditer ? Qu’est-ce qui a motivé leur ordre de publication ? À combien d’exemplaires sont-ils tirés ?
Double, de Collier, aurait dû paraître chez Terre de Brume. Quant à Nonnes, de Siefener, la traductrice l’avait traduit depuis déjà quelque temps et il n’avait pas encore trouvé preneur. Le premier tirage a été de 60 exemplaires. Pour ce qui concerne Retour à Walker Alpha,de Naugrette et Lamont, de Salzman, ces textes nous ont été proposés par les auteurs.

La couverture est d’une extrême sobriété, très classique dans son format et sa structure – voire un peu austère. Pourquoi un tel "retrait" graphique ? Est-ce pour se démarquer des couvertures généralement très illustrées que l’on rencontre dans le domaine des littératures de l’imaginaire ?
Il est difficile de répondre à cette question. Nous sommes plus ou moins attirés par une certaine austérité. Et les couvertures illustrées vieillissent vite. En tout cas le concept a été approuvé à l’unanimité par l’équipe éditoriale du Visage Vert. On verra dans quelques années…

Ces premiers ouvrages du catalogue, quatre d’abord, trois ensuite – ont été publiés de façon assez rapprochée. Est-ce une salve d’ouverture pour donner très vite une visibilité à vos publications ou bien est-ce l’annonce d’un rythme de sorties qui sera maintenu tel ou à peu près tout au long de l’année ?
Il n’y a pas de plan de publication précis. On a certes besoin d’une certaine visibilité pour exister, mais nous sommes surtout mus par le stock phénoménal de textes sur lequel nous sommes "assis" qui fait se bousculer les projets. Si les ventes suivent, nous envisageons une dizaine de titres par an.

On peut acheter les ouvrages en ligne via le site du Visage vert, mais en dehors de cette voie, comment sont-ils distribués ?
Pour le moment, en dehors de notre site, nous sommes présents dans une petite dizaine de librairies à Paris (dont l’Écume des pages, Tschann, Anima, Scylla…), à Blois (Labbé) et à Marseille (L’Odeur du Temps), et à l’occasion de quelques salons. L’aspect commercial – vente, diffusion, distribution – doit être renforcé dans les prochains mois.

Combien y a-t-il de projets éditoriaux en cours d’élaboration ? L’activité éditoriale est-elle envisagée sur le très long terme ou bien vous bornez-vous à vous fixer des objectifs très proches dans le temps ?
Une quinzaine de projets sont sur le feu, à plus ou moins long terme. Leur aboutissement dépend de leur difficulté, variable selon qu’il s’agit de textes français ou de traductions. Sans parler des recherches nécessaires pour écrire les textes de présentation. Vous avez pu voir avec nos premières livraisons que nous mêlions textes contemporains, sans présentation, et textes "retrouvés", qu’il est intéressant de livrer avec une contextualisation. C’est le cas du Marais aux sorcières, de Paul Busson, autour duquel Michel Meurger a écrit une très riche étude. Petits livres, très faibles tirages, mais projets soigneux et approfondis.

J’évoquais tout à l’heure ces quatre années de silence de la revue ;  comment l’équipe du Visage vert les a-t-elle vécues ? Les rapports ont-ils pu rester étroits entre ses membres? Y avait-il constamment de nouvelles pistes qui s’ouvraient à la revue pour maintenir à flot l’enthousiasme de recherche et d’accumulation de matière ?
On a vécu ces quatre années dans l’espoir de retrouver un éditeur, qui tardait à répondre favorablement. Des projets trouvaient preneur chez Terre de Brume : cela nous a fait patienter. Et grâce à Joëlle Losfeld nous avions récupéré les stocks de la revue, du n° 2 au n° 13. Pour ce qui est des relations entre les membres de l’équipe, pas de souci. Le Visage vert est également une aventure amicale.
 
En ce qui concerne la revue, j’ai aperçu sur le site des éditions Zulma la mention "en cours de réédition" pour le premier numéro, qui est épuisé. Savez-vous quand cette réédition sera disponible ? Le numéro 17 est-il d’ores et déjà en cours de préparation et inscrit dans le planning de Zulma ?
La maquette originale du n° 1 est activement recherchée dans nos archives électroniques… Il n’y a pas d’échéance prévue pour sa réédition. Nous travaillons sur le n° 17 et un sommaire sera fixé à la rentrée. Nous verrons cela en octobre, à la faveur du point que nous faisons chaque année avec les éditions Zulma.



* Les cinq ouvrages actuellement au catalogue des éditions Le Visage Vert :
Michael Siefener, Nonnes (novembre 2008)
Jean Collier, Double (novembre 2008)
Jean-Pierre Naugrette, Retour à Walker Alpha (mars 2009)
Anne-Sylvie Salzman (illustrations de Stepan Ueding), Lamont (mai 2009)
Paul Busson, Le Marais aux sorcières (avec en annexe un extrait de Friedrich de la Motte-Fouqué suivi d’une étude de Michel Meurger, "La comtesse louve en ses paluds"), (mai 2009)

Pour découvrir chaque ouvrage de manière plus détaillée – et éventuellement vous les procurer en ligne – rendez-vous sur le site du Visage Vert. Un site dont je voudrais saluer la sobriété : bannière bleue fond blanc police noire, mise en page simplissime certes un peu sévère mais ô combien reposante comparée à tous ces sites qui multiplient les encadrés, fenêtres et autres menus déroulants tout en faisant assaut de couleurs et d’animations flash croyant ainsi attirer l’internaute… Tout ici semble étudié pour valoriser l’information, faciliter une lecture directe et rapide : c’est remarquable.

Et songez aussi à visiter les pages que les éditions Zulma consacrent à cette verte face, maîtresse en le domaine des revues versées en mystères et étrangetés de toutes veines...

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Publié par Yza - dans Interviews
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commentaires

Christophe 05/09/2009 10:01

Entretien passionnant et rassurant concernant la santé du visage vert. Longue vie à eux.

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  • : Terres nykthes
  • : Ce blog au nom bizarre consonant un rien "fantasy" est né en janvier 2009; et bien que la rubrique "archives" n'en laisse voir qu'une petite partie émergée l'iceberg nykthéen est bien enraciné dans les premiers jours de l'an (fut-il "de grâce" ou non, ça...) 2009. C'est un petit coin de Toile taillé pour quelques aventures d'écriture essentiellement vouées à la chronique littéraire mais dérivant parfois - vers où? Ma foi je l'ignore. Le temps le dira...
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  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui
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