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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 18:56
Une image me tournait dans la tête, agaçante, bruyante et que rien ne parvenait à écarter – pareille à ces mouches frénétiques qui brassent l’air à l’entour des charognes… (je voulais plus joliment évoquer un "pot de miel", mais il faut être lucide : les mouches bourdonnantes annoncent plus souvent la proximité de chairs pourries ou de détritus excrémentiels que d’un appétissant agglomérat de friandises… et puis de toute façon, l’image dont je cherche à me délester n’a rien de riant). J’en étais fort embarrassée, ne sachant par quel bout la pendre aux mots pour qu’elle devienne petite pièce écrite.
Comme souvent en ces moments d’indécision, de flottement, je me promène un peu le nez au vent, d’un site à l’autre, ou bien je consulte les courriels que je n’ai pas encore ouverts. Depuis la dernière lettre d’information émanant du site de Jean-Claude Lalumière – qui s’appelle désormais Le chemin des libellules – je suis allée à la rencontre des Sept mains – tout nouveau "cahier d’exercice littéraire" animé par sept auteurs écrivant à tour de rôle, chacun ayant "son jour" comme autrefois les mondaines. En lisant le premier billet que Jean-Claude y a déposé, j’ai réalisé que le tout début me renvoyait à l’obsédante image dont j'étais si empêtrée. Et que l'auteur me tendait, à son insu, une incitation que je n’espérais plus. 
Grâce à ce vieillard imaginé - ou vu? - par JCL, se sont peu à peu précisés les mots par lesquels j'allais enfin pouvoir ressusciter un très vieux regard...
Un regard gris de plomb, vitreux, vidé de son éclat par le grand âge et fiché au milieu d’un visage flétri; un regard où vacillent encore quelques lueurs que la mutité peu à peu venue n'a pas tout à fait éteintes. C’est déjà dans cette cornée troublée, dans cet iris bleui qui jadis était noir, dans cette sclérotique terne veinée de rouge l’expression douloureuse du retrait de soi. Nulle révolte dans cette transparence opacifiée ; juste la conscience aiguë de la disparition prochaine.

Je crois bien n'avoir jamais, depuis, entraperçu ailleurs que dans ces yeux un temps posés sur moi plus claire manifestation de ce qu'est le trépas. Mais ce n'est qu'un souvenir. Reconstruit, replâtré à force d'années passées dessus. Enfin écrit. Comme on écrase une mouche importune d'une claque...

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  • : Terres nykthes
  • : Ce blog au nom bizarre consonant un rien "fantasy" est né en janvier 2009; et bien que la rubrique "archives" n'en laisse voir qu'une petite partie émergée l'iceberg nykthéen est bien enraciné dans les premiers jours de l'an (fut-il "de grâce" ou non, ça...) 2009. C'est un petit coin de Toile taillé pour quelques aventures d'écriture essentiellement vouées à la chronique littéraire mais dérivant parfois - vers où? Ma foi je l'ignore. Le temps le dira...
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  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui

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