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5 octobre 2020 1 05 /10 /octobre /2020 12:49

Il court le désert... Tel le Sahara jadis, au fin fond du temps géologique, ces terres se sot désertifiées - je les ai désertées... deux mois durant l'insoutenable blancheur de l'absence silencieuse a régné, l'aridité s'est installée. Brûlante et sèche. Où ne gisent plus que des vestiges, ensevelis si profond sous la masse du temps passé que ce blog paraît voué désormais à n'être plus qu'un champ de fouilles archéologiques... Ces terres ne sont plus que sable pulvérulent et je ne sais encore jusqu'où se poursuivront ces pas que j'y risque aujourd’hui,  en un second  retour à deux semaines de distance d'une précédente approche que je pensais voir se muer en durable abordage et qui s'est soldée par un maintien en retrait, au loin - et ce que j'avais alors commencé de déposer est resté là en rade dans la rubrique "brouillons", où continuent d'agoniser pas moins d'une dizaine de textes dont il faudra bien que je décide une fois pour toutes si je les jette ou si je tente l'improbable démarche de les "remettre à flot".

Depuis que s'est achevé le 31 juillet 2020 les jours ont poursuivi leur inexorable succession, laissant août filer dans le plus grand silence nykthéen sans que je m'en émeuve et projetant septembre si loin dans son écoulement qu'il sera bientôt à son terme, une fois franchi le seuil de l'automne où je me tiens en écrivant ces lignes. 

Ainsi croyais-je "revenir", le 22 septembre dernier. Mais non... il m'a fallu reculer. Je croyais pourtant le tenir, mon incipit de retour... tracé à toute hâte sur une feuille de papier, quasi au saut du lit - une feuille entière, format A4  et non l'un ou l'autre de ces improbables micro-paperolles censées "garder trace" mais dont au fond je sais qu'elles sont vouées à être perdues, avec elles ce qui est écrit dessus, et que c'est justement pour cela, pour la perte qu'elles promettent, que je les utilise.

C'était une fausse alerte. Il n'y a sur cette feuille qu'une friche hirsute et j'ai bien des efforts à faire pour en extirper ce dont la mise en texte me sera lueur. Comme elle me paraît hors de vue cette période où ne point aborder ici pendant plus d'une semaine me donnait le sentiment d'être paralysée, empêchée - prisonnière d'un carcan d'impuissance dont il me fallait à toute force me désincarcérer...

Durant cette désertion cette souffrance s'est tue, comme la flamme sous la cendre - et le désir d'écrire qui m'amenait là avec une certaine régularité de m'être longtemps apparu comme un ballon crevé dont n'aurait subsisté que le maigre lambeau tenant au nœud de son fil d'attache. Sans doute d'un geste allais-je balayer ce pauvre détritus et ne plus me soucier de travailler à enserrer du sens dans des mots tant cela est vain, ce "sens" (et j'appelle "sens" cette indéfinissable "chose" qui par salves discursives aussi évanescentes que luxuriantes occupe mon esprit tout entier), plus anguille que l'anguille elle-même, se dérobe, file, glisse... m'échappe sans que j'y puisse rien alors même que je m'efforce de le "tenir".

Et voilà que ces quelques mots valent travail de saisie; attestant que n'est pas encore éteinte ma volonté (mon besoin?) de mettre ici par écrit un peu de ce qui continûment se dit en moi - cette "chose qui par salves, etc.

 

 

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  • : Terres nykthes
  • : Ce blog au nom bizarre consonant un rien "fantasy" est né en janvier 2009; et bien que la rubrique "archives" n'en laisse voir qu'une petite partie émergée l'iceberg nykthéen est bien enraciné dans les premiers jours de l'an (fut-il "de grâce" ou non, ça...) 2009. C'est un petit coin de Toile taillé pour quelques aventures d'écriture essentiellement vouées à la chronique littéraire mais dérivant parfois - vers où? Ma foi je l'ignore. Le temps le dira...
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  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui

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