Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 13:45

... fallait que ça sorte. Allons-y.
On célèbre aujourd’hui le 8 mai 1945. Une victoire dont il faudrait se rappeler qu’elle ne serait sans doute pas advenue s’il n’y avait eu dès 1939 des Résistants. Ironique quand, aujourd’hui, il ne semble pas y avoir beaucoup de «résistants» – à la surinformation valant désinformation, à la déshumanisation croissante, à l’hyper-financiarisation du monde, au mépris généralisé pour tout ce qui n’est pas matériel, aux contraintes de plus en plus étouffantes ourdies pour nous jeter dans un système ultra-numérisé auquel il deviendra, progressivement, impossible de se soustraire, aux mille petites coercitions qui insidieusement et sans que l’on s’en rende trop compte instaurent millimètre par millimètre une dictature d’autant plus terrifiante que, s’exerçant au nom de «la protection de tous et de chacun», elle coupe court à toute contestation et devient même désirable (comment un être humain normalement constitué pourrait-il délibérément refuser d’être «protégé»? l’on a si soif de «protection» que l’on est prêt à tout lui sacrifier ou presque – sa liberté, sa faculté de jugement, son esprit critique…).

Depuis le 16 mars on nage dans l’imposture («Mais il y a beau temps que l’on vit dans un monde de simulacres et de faux-semblants», m’objectera-t-on… certes mais je n’en avais pas vraiment conscience, et c’est à la faveur des «circonstances exceptionnelles» que l’on nous fait vivre – et non pas que l’on vit car cette exceptionnalité doit beaucoup à nos dirigeants – que cet état de fait me saute aux yeux, à la gorge, et m’étouffe d’indignation…), l’hypocrisie, la terrification permanente, et tout cela avec la complicité de «scientifiques» qui, réunis en «comité» aux côtés du gouvernement, appuient celui-ci dans ses décisions… les «scientifiques»! Avec pareille caution, l’entreprise menée de main de maître pour plier les échines et les volontés sous le joug de la peur se parachève, colmatée par cette aura d’incontestabilité dont «la science» jouit dans à peu près tous les esprits. «Infectiologue» par-ci, « sociologue » par-là… tous pressés d'énoncer des taux, des pourcentages, des moyennes pour faire tenir le monde dans des listes de chiffres, sans oublier les psys de service qui y vont de leur laïus sur la «résilience» et les «substituts» à mettre en œuvre (que d’escroqueries intellectuelles là-dedans!) pour compenser les impossibilités que nous concocte l’exécutif à coups de décrets dont certains, grâce à l’état d’urgence, peuvent pousser dans la nuit, tels les champignons après une bonne pluie d’été. Depuis le 16 mars, ces décrets se sont multipliés et avec eux les projets de loi. On les évoque avant leur promulgation, on lâche des ouï-dire «de source proche de l’Élysée (ou de Matignon)» avant que les officiels prennent la parole pour mieux alimenter les incertitudes, les angoisses, les polémiques stériles… De la sorte on suscite les questions ineptes, alimentées par des flots incessants d’informations parcellaires, contradictoires, jetées en pâture pour aussitôt être démenties. Ce ne sont pas là des «cafouillages» - que nos «opposants» dénoncent avec une gourmandise et une emphase  assez grotesques, par là même s’engouffrant dans la brèche taillée juste à leur intention, comme un taureau fonçant sur la muleta – mais bien plutôt des techniques de communication soigneusement calculées pour étourdir le public et le maintenir dans un inconfort mental tel qu’il n’est plus possible à quiconque de penser un tant soit peu en profondeur.

À ces cafouillages délibérés s’ajoutent mille autres techniques de «communication» qui oblitèrent totalement la faculté du citoyen moyen de s’interroger: ne traiter que des deux «c.» du moment et à profusion (ainsi est-ce à la faveur d’une balade sur le site de la BBC que j’ai appris qu’un incendie monstrueux ravageait un parc naturel en Pologne; pas un mot sur les médias «officiels» où l’on prend soin par contre de nous abreuver d’anecdotes édifiantes, véhiculant toutes de manière plus ou moins larvée la même invitation à «respecter les consignes»); asséner à longueur de journée des injonctions répétées, via des «annonces», des incrustations en coin d’écran lorsqu’on allume son téléviseur, des affiches, etc.; décompter chaque jour le nombre de morts du virus, comme si depuis le 16 mars on ne mourrait plus que du Covid – et comme s’il était le premier et le seul agent pathogène à mettre les vies humaines en danger (quid des salmonelles, des staphylocoques dorés, des saletés qui causent les infections nosocomiales? et qu’en sera-t-il demain des virus et bactéries inconnus qui dorment depuis des millénaires dans le permafrost et vont se libérer au fur et à mesure du réchauffement planétaire?) Il n’y a plus aujourd’hui que le Covid, et seulement le Covid. Un virus très contagieux mais dont il a été dit qu’il causait une maladie «bénigne dans 80% des cas» - cela a été dit, mais à ma connaissance jamais répété et jamais démenti non plus: on ne dément pas parce que ce doit être vrai, mais on ne le répète pas parce que ça risquerait d’amoindrir la peur… une peur dont un «scientifique» a écrit que c’était «une bonne peur, une peur qui protège». Une bonne peur??? Quand elle conduit à des réactions comme celle de cette mère qui, ne se sachant pourtant pas malade, disait ne plus oser «faire des bisous» à ses enfants – mais des enfants avec lesquels elle est confinée, donc en promiscuité quasi continuelle…

Cette peur qui amène à des réactions, à des comportements complètement irrationnels n’est certainement pas une bonne peur… Elle est en revanche une peur très utile aux gouvernements [j’emploie le pluriel à dessein car le gouvernement français n’est évidemment pas le seul en cause: c’est à l’échelle mondiale que tout se joue, et je ne puis m’empêcher de constater, avec une immense amertume (plutôt un profond dégout), qu’en quelques semaines à peine presque tous les pays se sont accordés pour assigner les populations à résidence et pondre des décrets liberticides alors qu’en plus de vingt ans, il n’y a jamais eu la moindre entente, fût-ce a minima, pour limiter l’exploitation des énergies fossiles, les pollutions et autres actes destructeurs de l’environnement (cf. la formidable mascarade des COP)] pour soumettre les citoyens à leurs diktats sans que lesdits citoyens songent à se rebeller. Des populations terrifiées acceptent tout et n’importe quoi, même les lois les plus coercitives et contre lesquelles beaucoup jusqu'alors se dressaient (tel le traquage numérique): voilà pourquoi les gouvernements ont tant à cœur de maintenir vives et ardentes les angoisses, en prenant appui sur ce virus décidément bien opportun qui a eu la bonne idée de se manifester au moment où il devenait urgent de réduire au silence les contestations en tout genre qui se levaient un peu partout (indépendantistes hongkongais, démocrates algériens, écologistes ici, animalistes là, anti-vaccins ailleurs…). Peut-être y a-t-il une «situation sanitaire» inédite – il ne s’agit d’ailleurs pas et j'y insiste de la mettre en doute: il faudrait pour cela avoir 1) des connaissances médicales ce dont je suis dépourvue; 2) disposer d’informations incontestables et là encore j’en suis dépourvue: l’incontestabilité n’est certainement pas la qualité première des informations distillées par les médias, a fortiori, paradoxalement, quand ils se posent en chasseurs d’infox – mais il y a surtout l’utilisation qu’en font les gouvernements: en son nom, on achève de broyer l’esprit critique (qui était déjà en état de quasi extinction avant le Covid) en réduisant les gens à ne plus fonctionner qu’en survivalistes (comment faire autrement quand les actes les plus élémentaires de la vie quotidienne se muent en parcours du combattant?); on justifie des mesures déshumanisantes qui doivent en plonger beaucoup dans la détresse (en donner la liste serait fastidieux mais je n’y renonce pas tout à fait… un jour peut-être…); on entretient des incertitudes qui désorientent…

Il faudrait égrener ici tout ce qui devrait, si l’on n’avait pas en haut lieu si bien serré l’étau de la terreur virale, soulever sinon des insurrections en chaîne du moins des tempêtes de protestations. Peut-être m’y lancerai-je un jour mais, là, il me fallait juste évacuer un peu de colère et ce besoin d’évacuation n’est pas vraiment compatible avec le déploiement d’une pensée à peu près argumentée, qui fouaille en eaux profondes et s’expose avec assez de distance pour qu’entre les lignes puisse sourdre ce soupçon d’humour sans lequel une pensée… manque de sel.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Terres nykthes
  • : Ce blog au nom bizarre consonant un rien "fantasy" est né en janvier 2009; et bien que la rubrique "archives" n'en laisse voir qu'une petite partie émergée l'iceberg nykthéen est bien enraciné dans les premiers jours de l'an (fut-il "de grâce" ou non, ça...) 2009. C'est un petit coin de Toile taillé pour quelques aventures d'écriture essentiellement vouées à la chronique littéraire mais dérivant parfois - vers où? Ma foi je l'ignore. Le temps le dira...
  • Contact

Aux Manettes...

  • Yza
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui

Recherche

Articles Récents

  • Evanescences
    Revenir à la vie en "écrivant sur"... J'y crois, dur comme fer, dès que j'ouvre un livre. Très vite naissent, plus ou moins fragmentaires, des pensées que je verrai s'infirmer ou se confirmer au fil des pages en tout cas se compléter, s'affiner, se développer...
  • Où donc...
    ... ma façon de lire qui fait foisonner les idées, les mêle d'émotivité et d'intuitions plus ou moins floues puis qui parvient sans trop de peine à organiser tout cela en pensée articulée, toute prête à impulser un geste scriptural suffisamment sûr pour...
  • Retour aux chroniques...
    Enfin... timide retour: le vrai, celui qui signifie des publications assez régulières et consacrées à des livres, des spectacles ou des expositions, s'est amorcé il y aura bientôt un an sur k-libre . Il s'est interrompu depuis plus d'un mois, les ouvrages...
  • Emergence
    Depuis janvier à nouveau le désert, l'immense désert de silence au bord de nuits qui n'en finissent pas d'être ombres profondes, abîmes parcourus de tourmentes malgré ici ou là quelques trouées de lumière qui empêchent l'absolue déréliction de submerger...
  • Inactualité...
    Au printemps 2021, histoire de retrouver un peu d'oxygène mental grâce à l'écriture mais n'ayant plus aucune motivation pour me risquer aux «introspcopies», et pas davantage pour muser en «petites errances», je me suis dit que la meilleure voie était...

Pages