Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
31 janvier 2020 5 31 /01 /janvier /2020 17:56

Le temps est un serial qui leurre…
Le temps est assassin
Avec le temps va tout s’en va


Et mille autres encore de ces phrases, qu’elles soient titres, aphorismes astucieux où le sens ne s’entend qu’à coups d’ombres portées dessinées au creux des interstices qu’on a laissés entre des mots joués l’un à la place de l’autre… vers luisants comme le sont en général ceux des poètes pour dire bien plus lumineusement que le «langage courant» ce qu’il y a à exprimer – ici donc ces jours qui filent à telle vitesse que la vue est brouillée, le discernement à moyen et long terme aboli au profit du «moment présent», le seul que l’on consente à regarder en face, droit dans les yeux, dans toute la saisissante précision de ses contours-couperets – car on sait que sous leur lame va très bientôt tomber telle ou telle échéance fatale dont la chute est synonyme de sanctions, plus ou moins graves, certaines n’engageant rien autre que l’estime de soi, d’autres plus redoutables lorsque l’on n’a pas honoré dans les délais impartis un engagement, une obligation, ou une injonction. À quoi bon alors y aller de ma petite fulgurance au motif que janvier meurt ce soir, une espèce de métaphore chétive gribouillée sur un coin de feuille, toute ridée des plis du papier (qui n’attendait que d’être jeté à la poubelle) et tant froissée de mon écriture fébrile qu’elle en est indéchiffrable?

Laissons là les crimes de masse du temps passant: mieux vaudrait s’efforcer d’attraper au vol ces petites choses d’importance que l’on a envie – sait-on seulement pourquoi… – de pousser sur le bas-côté de la grand-route de l’oubli, histoire de les tenir à l’écart des foulées tueuses du serial qui leurre tout occupé à piquer son sprint. Quitte à n’avoir à leur égard que des mots plats et dans leur plus simple appareil sémantique – rien que du dénoté, sans autre prétention à l’expressivité que n’en peut avoir la fameuse réplique «passe-moi le sel»…

Une brève, un petit rien-du-tout mais qui viendrait là rompre le désert, occuper la place afin de montrer qu'il y a encore un souffle ici et qu'il n'est pas question d'abandonner ces terres aux ravageurs et autres invasifs. Car à proportion que se raréfient mes venues se multiplie la réception de messages parasites en anglais, en russe... ce n'est peut-être qu'une coïncidence mais je ne peux m'empêcher de penser qu'il y a un lien de cause à effet et d'établir un parallèle entre cette invasion et la manière dont peu à peu les adventices prennent le dessus pour in fine être seules à régner quand on cesse de prendre soin d'un jardin. Que je me remette à cultiver le mien un peu plus assidûment, à coups de textes même brefs et l'on verra si ces invasifs reculent. Quand bien même il n'en serait rien c'est au moins la vaste friche de mes promenades intérieures qui gagnerait en clarté.

Bon, la  brève, c'est joué pour aujourd'hui. Les friches, elles, sont toujours aussi encombrées et comment ne le seraient-elles pas au terme de ce petit rien-du-tout... Le défi est, désormais, d'«occuper la place» durablement.

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Terres nykthes
  • : Ce blog au nom bizarre consonant un rien "fantasy" est né en janvier 2009; et bien que la rubrique "archives" n'en laisse voir qu'une petite partie émergée l'iceberg nykthéen est bien enraciné dans les premiers jours de l'an (fut-il "de grâce" ou non, ça...) 2009. C'est un petit coin de Toile taillé pour quelques aventures d'écriture essentiellement vouées à la chronique littéraire mais dérivant parfois - vers où? Ma foi je l'ignore. Le temps le dira...
  • Contact

Aux Manettes...

  • Yza
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui

Recherche

Articles Récents

  • Evanescences
    Revenir à la vie en "écrivant sur"... J'y crois, dur comme fer, dès que j'ouvre un livre. Très vite naissent, plus ou moins fragmentaires, des pensées que je verrai s'infirmer ou se confirmer au fil des pages en tout cas se compléter, s'affiner, se développer...
  • Où donc...
    ... ma façon de lire qui fait foisonner les idées, les mêle d'émotivité et d'intuitions plus ou moins floues puis qui parvient sans trop de peine à organiser tout cela en pensée articulée, toute prête à impulser un geste scriptural suffisamment sûr pour...
  • Retour aux chroniques...
    Enfin... timide retour: le vrai, celui qui signifie des publications assez régulières et consacrées à des livres, des spectacles ou des expositions, s'est amorcé il y aura bientôt un an sur k-libre . Il s'est interrompu depuis plus d'un mois, les ouvrages...
  • Emergence
    Depuis janvier à nouveau le désert, l'immense désert de silence au bord de nuits qui n'en finissent pas d'être ombres profondes, abîmes parcourus de tourmentes malgré ici ou là quelques trouées de lumière qui empêchent l'absolue déréliction de submerger...
  • Inactualité...
    Au printemps 2021, histoire de retrouver un peu d'oxygène mental grâce à l'écriture mais n'ayant plus aucune motivation pour me risquer aux «introspcopies», et pas davantage pour muser en «petites errances», je me suis dit que la meilleure voie était...

Pages