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3 août 2019 6 03 /08 /août /2019 13:47

À peine arrivée au festival que déjà je manque ma seconde soirée: toutes les places pour Et i on ne se mentait plus? ont été vendues. Ô certes il y avait la ressource de la «liste d’attente» mais hélas,  nul désistement n’est survenu qui m‘eût permis de m’installer dans les gradins… Au contraire de L’Autre Fille, cette pièce était de celles que j’avais inscrites en tête de mon carnet festivalier – avec Ruy Blas, Je poussais donc le temps avec l'épaule, Un cœur simple, Voyage au bout de la nuit… Je regrettais d’autant plus de ne pas aller aux Enfeus ce mardi 30 juillet que le matin, les comédiens étaient tous à Plamon, et parmi eux les auteurs de la pièce, Mathieu Rannou et Emmanuel Gaury, pour présenter leur spectacle – regrets tempérés cependant par l’annonce d’un retour parisien de la pièce la saison prochaine, j’aurai ainsi droit à une session de rattrapage. De fait, les échos qui me parvinrent de la représentation, unanimement laudatifs, ne me rendirent pas trop amère – me souvenir d’eux sera un efficace «pousse-dehors» lorsque, loin de Sarlat et à nouveau dans mes pénates, je me réinstallerai à n’en pas douter dans le petit creux claustratif à quoi je réduis de plus en plus mon existence. Et aussi ce que j’aurai retenu de la genèse de la pièce…
 

Celle-ci est une création originale, inspirée par les mémoires de Sacha Guitry et en particulier ce qu’il a écrit des déjeuners hebdomadaires que son père Lucien organisait tous les jeudis chez lui, 26 place Vendôme, et qui réunissaient autour de lui Alphonse Allais – encore que celui-ci, distrait et peu assidu, n’ait pas été très souvent présent – Tristan Bernard, Alfred Capus et Jules Renard.

La particularité de cette œuvre dramatique est que la distribution des rôles était faite dès la naissance du projet, avant que le texte de la pièce soit effectivement écrit; les comédiens ont donc commencé à s’imprégner du personnage qui leur était assigné en même temps que l’écriture dramatique proprement dite avançait, laquelle a été régulièrement infléchie par ce que chacun apprenait de son «référent» au gré de son immersion. Et quelle immersion: lecture intégrale des œuvres de celui qu’il allait falloir incarner mais aussi de la littérature secondaire, confrontation aux documents disponibles… Une masse considérable eu égard à la stature, au talent, des cinq commensaux… qu’il aura fallu assimiler, s’approprier, transformer en interprétation dramatique. Là-dessus, il est facile d'imaginer combien peuvent être délectables les échanges recréés entre ces très-grands de notre littérature...

Autre particularité notable: les cinq comédiens, soudés par une amitié née au cours d’art dramatique, sont devenus hommes de théâtre aux alentours de la trentaine, non pas à la suite d’une de ces crises existentielles qui poussent à changer de vie mais par pure inclination, alors même que chacun était installé dans une existence où tout allait bien pour lui  et que rien a priori ne menaçait – l’un était juriste, l’autre ingénieur… Et à la clef de ce virage radical, point de déception mais, bien au contraire, à les en croire, beaucoup de bonheur…  

Et si on ne se mentait plus?

Texte de Emmanuel Gaury et Mathieu Rannou

Mise en scène: Raphaëlle Cambray

Avec: Guillaume d'Harcourt, Maxence Gaillard, Emmanuel Gaury, Nicolas Paoli, Mathieu Ranou

Musique: Jean-Marc Istria

Lumières: Marie-Hélène Pinon

Costumes: Margot Déon et Leslie Pauger

Décor: Catherine Bluwal

Durée: 1h15

Représentation donnée le mardi 30 juillet 2019 au jardin des Enfeus.

 

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