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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 10:18

Il ne se passe guère de jour sans que je me haïsse de ne pas parvenir à mener jusqu'au bout telle ou telle intention d'écriture - il n'est qu'à voir le dossier "brouillons" épinglé sur mon bureau numérique, auquel s'ajoutent les innombrables paperolles dispersées un peu partout dans le grand fatras qui noie mes deux postes de travail, eux de bois bien solide, où je laisse s'entasser des bouts de papier, cahiers, bloc-notes où ont été jetés des lambeaux de phrases que j'ai cru bon de conserver... et au milieu de tout ça, des livres. 
Livres "à dire" plutôt que "à lire" ou "à finir", j'entends: bien que considérant comme terminée mon activité de chroniqueuse, je suis encore mue par le désir de communiquer à d'autres ce que m'inspire un spectacle, une exposition, un livre... Je me fixe donc pour but de rédiger des chroniques "comme avant", un jour prochain, plus tard, quand je "trouverai les mots pour" et, à cet effet, je les garde, ces "livres à dire" (romans, pièces de théâtre, catalogues...), à portée de regard pour qu'à tout instant leur présence muette me rappelle à l'ordre que je me suis intimé à moi-même.

Écris! Écris! Quand donc écriras-tu? Écriras-tu donc jamais?

De jour en jour les tas et les piles croissent; frangibles je les brise de temps à autre, reléguant quelques-unes de leur composantes en des lieux où elles demeurent dans l'expectative de "leur" chronique mais hors de mes yeux de telle sorte que je les oublie visuellement sans que pour autant elles disparaissent de mes pensées. Jusqu'à ce matin, j'étais convaincue que cette attitude était uniquement imputable à une sorte de perversité masochiste m'incitant à me complaire dans l'autofustigation; je croyais aussi que cette procrastination permanente, et de plus en plus prononcée au fur et  à mesure que je vieillis, était un rituel propitiatoire par lequel j'excluais de mon horizon, au moins pendant le temps me séparant de l'accomplissement prévu, l'éventualité de ma mort - tant qu'il y a  matière à se projeter dans le futur, on ne peut pas mourir n'est-ce pas... Ridicule et idiot, comme tous les gestes relevant de la superstition mais, comme toutes les superstitions, ça rassure.

Et puis il m'est soudain apparu que cette tendance à repousser toujours plus loin un "faire" quelconque visait moins à me donner l'illusion que s'ouvre plus largement et à coup sûr la perspective d'avenir qu'à faire pousser la forêt des Émergences-et-résurgences sur le terreau des synchronicités sans cesse surgissantes. Plus nombreux les jours à s'écouler, plus nombreuses les synchronicités - plus dense et plus riche la forêt où chercher ces clés intérieures dont je poursuis la quête de plus en plus obsessionnellement...

Repousser, accroître la distance entre le vu, le pensé, l'exprimé... cela conduit souvent à la confusion, à l'égarement mais aussi, parfois, à de déroutants dévoilements. C'est dans ma pratique photographique que j'en "lis" les exemples les plus frappants et c'est peut-être davantage pour provoquer ces dévoilements, ces "révélations", que je suis de plus en plus encline à étirer dans des proportions parfois sidérantes les délais ordinaires que la méthode argentique assigne à l'apparition des images. Voir ci-dessous...

Une image découverte sur un film développé deux ans après qu'il a été impressionné. Sans doute un accident de prise de vue. Je ne me souviens plus des circonstances, je n'ai pas la moindre idée de ce qui a pu se produire pour donner une image pareille ni de ce que j’avais l’intention de photographier réellement. Mais elle a du sens : d’abord par le flou et l'absence de motif reconnaissable qu’elle montre, et qui me semblent figurer idéalement le mot "trouble" – cela même que j'éprouve en la regardant, épaissi de l'étonnement doublé de perplexité qui m'a saisie quand je l'ai découverte –, ensuite par les sentiments prolongés de réflexions qu'elle a suscités et qu'elle suscite encore...

Une image découverte sur un film développé deux ans après qu'il a été impressionné. Sans doute un accident de prise de vue. Je ne me souviens plus des circonstances, je n'ai pas la moindre idée de ce qui a pu se produire pour donner une image pareille ni de ce que j’avais l’intention de photographier réellement. Mais elle a du sens : d’abord par le flou et l'absence de motif reconnaissable qu’elle montre, et qui me semblent figurer idéalement le mot "trouble" – cela même que j'éprouve en la regardant, épaissi de l'étonnement doublé de perplexité qui m'a saisie quand je l'ai découverte –, ensuite par les sentiments prolongés de réflexions qu'elle a suscités et qu'elle suscite encore...

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  • : Terres nykthes
  • : Ce blog au nom bizarre consonant un rien "fantasy" est né en janvier 2009; et bien que la rubrique "archives" n'en laisse voir qu'une petite partie émergée l'iceberg nykthéen est bien enraciné dans les premiers jours de l'an (fut-il "de grâce" ou non, ça...) 2009. C'est un petit coin de Toile taillé pour quelques aventures d'écriture essentiellement vouées à la chronique littéraire mais dérivant parfois - vers où? Ma foi je l'ignore. Le temps le dira...
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  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui

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