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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 06:19

Une fois de plus, une longue désertion.
N’écrire plus ici, et abandonner sans pour autant y renoncer la photographie (argentique s’entend: je n’ai pas arrêté de photographie numériquement quoique moins abondamment mais cette pratique s’est peu à peu réduite aux intentions esthétiques et documentaires – purement photographiques si l’on veut – tandis que la portée signifiante de ma pratique argentique s’augmente de toutes les ambivalences qu’agrègent le fait de ne pas voir immédiatement ce que l’on a cadré, et les temps de latence successifs qu’impliquent le procédé même puis les traitements chimiques…) en laissant s’installer des périodes toujours plus longues entre les prises de vie et la révélation des images (persister à capter mais en détournant les yeux, d'une certaine manière!) bien que les fulgurances, les interpolations de sensations, de pensées, de résurgences continuent de surgir à tout instant, et d’affluer, mon regard-esprit jamais en repos: c'est comme si je me perdais, et que j'éprouve en permanence le sentiment d’avancer presque à reculons dans un chemin toujours plus embroussaillé sans avoir en main la machette qui permettrait de dégager un peu le passage. J'ai l’impression de m’encrasser intérieurement, d’être alourdie de poussières, de détritus irréductibles que je ne peux déloger. De me sentir, certains jours, comme un cumul labyrinthique de recoins inaccessibles tout envahis de vieilles toiles d’araignées servant de linceuls à leurs tisseuses crevées.

Recoins aranéeux…
Les vouloir nettoyer mais freiner des quatre fers. Regarder sans voir et vouloir voir sans se résoudre à regarder. Écrire, photographier dans un tout autre but que simplement écrire et photographier.
Sans doute par ce que écriture et photographie en sont pour moi à ce point où elles cessent d’être des moyens d’expression pour ne plus avoir, de ceux-là, que la part introspective. Pratiquées à ce titre seul de cheminement vers les tréfonds, et faisant de ce fait advenir des réponses cherchées mais dont je ne veux peut-être pas, elles cristallisent immanquablement l’inévitable cohorte d’actes manqués et d’évitements que traîne avec soi tout ce qui rapproche inexorablement de lieux obscurs parce que, sans cesser de refuser net d’y accoster, on désire non seulement les atteindre mais encore s’y aventurer, soupçonnant que là gisent des clefs vitales. Des clefs que bien sûr on s’efforce de ne pas voir : une chose invue est plus facile à ignorer…

Enfin, ce jour, lâcher du lest…

Significativement:

* depuis plus de dix ans que je prépare moi-même ma chimie argentique, pour la première fois la solution de réserve de révélateur film est sortie trouble (et l'est restée dans sa bouteille de plastique transparent; cela m'a troublée au point que je n'ai pas encore osé l'utiliser de crainte de gâcher le film qui l'inaugurerait et que, malgré toutes mes tergiversations en termes de "révélation" [le développement laissé en suspens, toujours  repoussé sous des prétextes divers dont le manque de temps  ô mauvaise foi!   et la procrastination encore aggravée du fait de cet incident chimique] j'espère bien voir) de la casserole où je venais de procéder, selon un protocole inchangé et conforme aux directives du fabricant, à la dilution de la poudre dans l’eau distillée.

* avant-hier à la faveur d'un passage à l'atelier de photocopie/impression, où je ne me rends que très épisodiquement, la gérante que je connais bien me remets une paire de lunettes. "Tenez, je cois bien que c'est à vous?" En effet... je reconnais cette paire dont j'avais oublié l'existence jusqu'à ne pas me souvenir que je l'avais égarée (en réalité: oubliée dans cette boutique, sans doute lors de ma précédente visite mais peut-être bien avant, les lunettes n'étant tombées entre les mains de la gérante qu'après un séjour déjà long dans quelque recoin peu accessible de l'endroit et u gré d'un "heureux hasard"). C'est dire si l'oubli remonte loin. Les verres ne sont plus adaptés à ma vue mais la paire perdue fait retour et de manière bien surprenante. Indéniablement, cela dit quelque chose du voir.... D'un côté, je récupère un outil visant à améliorer la vue mais, de l'autre, il est obsolète. Clarification/voilement...

* ce matin tandis que je reviens ici après une longue abstinence et pour tâcher de démêler un peu cet imbroglio intérieur autour du voir, voici que je découvre une toute nouvelle interface du back office  l'arrière-boutique si l'on veut des pages web, ce que l'internaute ne voit pas (recoins, toujours...)  offrant des outils de mise en page assouplis grâce auxquels je peux plus aisément plier l'aspect de mon article à la vision mentale que j'en ai. Cette matinée, à Créteil d'où j'écris, est noyée dans le brouillard. De nouveau: clarification d'un côté, voilement de l'autre.

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Publié par Yza - dans Apartés
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  • : Terres nykthes
  • : Ce blog au nom bizarre consonant un rien "fantasy" est né en janvier 2009; et bien que la rubrique "archives" n'en laisse voir qu'une petite partie émergée l'iceberg nykthéen est bien enraciné dans les premiers jours de l'an (fut-il "de grâce" ou non, ça...) 2009. C'est un petit coin de Toile taillé pour quelques aventures d'écriture essentiellement vouées à la chronique littéraire mais dérivant parfois - vers où? Ma foi je l'ignore. Le temps le dira...
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  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui

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