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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 11:31
<em>Vus sous un certain angle, <br>les immeubles ont parfois l'air <br>de naître dans les roses.</em>
Vus sous un certain angle,
les immeubles ont parfois l'air
de naître dans les roses.

Le 4 janvier dernier un message tombé dans ma boîte à courriel m'invitait à souffler les sept bougies de mon blog. Le premier du genre – jamais jusqu’à présent l’équipe d’Overblog ne m’avait de la sorte signalé les anniversaires de mon installation sur leur plateforme, que j’avais d’ailleurs failli quitter lorsque, en août 2014, il m’avait fallu payer un abonnement Premium pour éviter que des fenêtres publicitaires viennent envahir et polluer mon petit bout de toile. Étrange que cette «première» coïncide avec le chiffre 7 quand l’usage est plutôt de marquer les durées sinon décennales du moins demi-décennales. Il est vrai que le 7 est symboliquement plus riche que le 5 ou le 10 – incomparablement plus riche, et que dois-je comprendre de ce qu’un lien s’établisse maintenant entre ce blog et ce chiffre?
Laissons la réflexion symbolique suspendue à ce point d’interrogation, telle la goutte d’eau qu’une brusque glaciation aurait gelée à l’extrémité d’un brin d’herbe à l’instant, infimement sécant, qui précède sa chute. Car elle me détourne de l’essentiel – ce qui justement est le plus difficile à exprimer et doit cependant poindre, l’écriture valant pour moi catharsis et même, parfois, élucidation.


C’est rien moins que mon rapport au temps qui s’est en partie décrypté à la faveur de ce message dont j’ai écrit qu’il était «tombé» dans ma boîte à courriel. «Tombé» comme peut l’être, au choix: un couperet, un ange puni, un diagnostic létal… Le qualificatif s’est imposé sans que je réfléchisse beaucoup avant de l’écrire – et je vois bien désormais qu’il n’y en avait pas d’autre possible: sans en avoir pleinement conscience je savais qu’il était le meilleur reflet du désagréable frisson qui m’a parcouru l’échine en lisant ce courriel, fruit d’un sentiment aussi complexe que vague et envahissant, d’une extrême «longueur en âme» dont j’espère bien que les dernières ondes mourront au terme de cet épanchement…


Ce chiffre m’a troublée – non, plus que cela: terrifiée. Sept ans... Sept ans… cela fait remonter le texte inaugural de ces ombreuses contrées à... 2009? Le calcul me désoriente : au bout de ce compte de sept, c’est un laps à la fois infime au regard du temps cosmique et tout de même conséquent à l’échelle d’une vie humaine qui prend corps – une infimité d’une durée abyssale… Et c’est pour moi l’abîme qui prévaut: 2009 me paraît si loin ! Un rivage perdu dans les limbes à force que passent les jours au point que je n’en vois même plus la silhouette dans mes souvenirs, disparue sous l’épais cumul de moments révolus. 2009, certes plus proche d’aujourd’hui que mes années d’enfance qui, elles, ne cessent de refluer avec une sidérante précision et de plus en en plus souvent sans que je les convoque – un effet de l’âge croissant, non pas la conséquence d’une nostalgie délétère et chronique mais, plutôt, mise à disposition d’éléments éclairants dont je ne pouvais, plus jeune, percevoir la signification – est, en termes de présence mnésique, comme effacée corps et biens dans les ténèbres non pas de l’oubli car je ne «perds pas la mémoire» au sens pathologique de l’expression mais, dirais-je, d’une dilution volontaire dans une même globalité indifférenciée de tout marquage temporel. Mue par ce qui n’est rien autre qu’une «pensée magique», je gomme consciencieusement le nom des années, me rendant ainsi incapable de les associer précisément aux événements qui, alors, sont privés de date dans mon petit calendrier intérieur sans pour autant être eux-mêmes désubstantifiés – j’agis comme s’il suffisait d’occulter les repères chronologiques et de ne plus les voir pour ne pas avoir à subir l’inéluctable érosion.

Il est vrai, aussi, qu'un facteur on ne peut plus matériel et technique favorise, ici, cette occultation des scansions temporelles: le volet «archives» ne laisse plus apparaître, comme aux premières années de ce blog, la totalité des mois de publication mais seulement les treize derniers – à ne se fier qu'à lui, n'importe quel primo-visiteur supposera que les Terres nykthes sont nées en janvier 2015. C'est une induction en erreur à laquelle je ne crois pas pouvoir remédier, mais Overblog a annoncé tout récemment d'importants changements à venir dans l'interface d'administration des blogueurs; j'espère que, au terme de ces changements, j'aurai à nouveau la possibilité de rendre visible toutes mes archives.

Sept années mais finalement, en proportion, peu d'articles; la raison en est qu'un texte, n'eût-il que quelques lignes, est d'une très lente édification: il exige de moi bien plus de temps que le temps n'en requiert pour passer....

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Publié par Yza - dans Apartés
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  • : Terres nykthes
  • : Ce blog au nom bizarre consonant un rien "fantasy" est né en janvier 2009; et bien que la rubrique "archives" n'en laisse voir qu'une petite partie émergée l'iceberg nykthéen est bien enraciné dans les premiers jours de l'an (fut-il "de grâce" ou non, ça...) 2009. C'est un petit coin de Toile taillé pour quelques aventures d'écriture essentiellement vouées à la chronique littéraire mais dérivant parfois - vers où? Ma foi je l'ignore. Le temps le dira...
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  • Yza
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui

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