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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 11:42
Sarlat 2015: le rideau se lève (enfin presque) - II et fin

[Fin de l'intempestifentracte, long, long, long... La main sur l'image reste figée en son suspense, mais la mienne peut reprendre son geste et continuer le dévoilement...]

Dimanche 26 juillet. 21h30, place de la Liberté.
La Vénus à la fourrure, de David Ives. Mise en scène de Jérémie Li
ppmann.
Jean-Paul Tribout:
Attention, ce n’est pas une adaptation du roman de Sacher-Masoch, c’est une vraie pièce de théâtre, écrite par un auteur américain, qui raconte les aventures d’un metteur en scène new-yorkais en train de monter une pièce intitulée La Vénus à la fourrure et qui est en quête d’une comédienne pour incarner Wanda. Il passe donc des auditions, mais en vain et, au moment où tout semble terminé, survient une actrice qui, après avoir passé son audition avec succès, va s’imposer comme la dominatrice. On retrouve alors le même ordre de rapports dominante/dominé que dans le roman de Sacher-Masoch. Roman Polanski a tourné récemment un film d’après cette même pièce, que je trouve très réussi, et de ce fait, je craignais un peu d’être déçu quand je suis allé voir le spectacle. Eh bien je n’ai pas été déçu du tout, au contraire! Marie Gillain est une Wanda magnifique, et son partenaire, Nicolas Briançon – encore un habitué du festival… ‒ est tout aussi excellent. Quant au metteur en scène, qui est de la jeune génération – il a moins de 40 ans – il a créé un très beau dispositif scénique, mais qui risque d’être difficile à adapter au plein air car on est censé se trouver dans un théâtre vide… de toute façon, quels que soient les changements apportés, il restera la pièce, et les comédiens… d’ailleurs, le spectacle a obtenu le Molière du théâtre privé, et Marie Guillain le Molière de la comédienne dans un spectacle de théâtre privé. On a donc quelques gages de qualité… et comme ils vont jouer au festival d’Anjou avant de venir à Sarlat, peut-être qu’ils arriveront avec un trophée de plus…


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Lundi 27 juillet. 21 heures, abbaye Sainte-Claire.
La Leçon, d’Eugène Ionesco. Mise en scène de Marcel Cuv
elier.
Jean-Paul Tribout:
Alors là on est face à un monument du théâtre… son auteur est une star, et cette pièce, qui a été créée en 1951, est toujours représentée depuis, dans sa mise en scène d’origine qui plus est, signée Marcel Cuvelier – qui nous a quittés cet hiver après une belle carrière de comédien et de metteur en scène. Je ne sais pas exactement combien il y aura eu de représentations ce 27 juillet mais le jour où j’ai appelé le théâtre de La Huchette pendant que je faisais la programmation, on m’a dit qu’ils en étaient à la dix-sept mille trois cent vingt-huitième (17 328e)… évidemment au fil des années, si la mise en scène reste celle de Marcel Cuvelier, la distribution change… Jean-Marie Sirgue – qu’on a vu à Sarlat dans Rhinocéros, dans Les Konkasseurs de kakao puis l’an dernier dans Le Mariage de Figaro – vient de reprendre le rôle du professeur et il est vraiment formidable! Marie Cuvelier, la fille de Marcel Cuvelier, qui reprend donc la mise en cène de son père, interprète la bonne, quant à l’élève, Émilie Chevrillon, c’est une comédienne que je connais bien et qui a beaucoup travaillé avec Laurent Terzieff.


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Mardi 28 juillet. 21h45, jardin des Enfeus.
Le Serment d’Hippocrate, de Louis Calaferte. Mise en scène de Patrick Pelloque
t.
Jean-Paul Tribout:
Voila la pièce la plus drôle du festival! Patrick Pelloquet, le metteur en scène, dirige le Théâtre régional des pays de la Loire – confirmation qu’à Sarlat on est bien en dehors d’un parisianisme restrictif… Et il est aussi un fidèle du festival. Il a déjà monté plusieurs textes de Calaferte, car c’est un auteur qu’il aime particulièrement. J'ai vu celui-ci l’an dernier à Avignon, et il est d’une drôlerie totale. L’histoire est celle d’une réunion de famille à l’occasion d’un repas dominical, pendant laquelle Bon Maman, qui est septuagénaire, fait un malaise. Tout le monde s’affole, et on décide d’appeler le médecin; celui-ci arrive, ausculte, diagnostique, prescrit, et s’en va. Puis vient un second médecin, qui dit être «le bon» tandis que le premier n’est pas vraiment habilité à exercer, et pose un diagnostic différent. On sait que l’un des deux ment, mais on ne sait pas lequel… Sont alors questionnés les rapports que l’on a avec les «hommes de l’art», qui savent des choses que nous ignorons et qui, ayant le savoir, ont théoriquement le pouvoir. Est montré aussi comment, quels que soient l’âge, la condition sociale, etc. on devient dépendant du médecin quand on est en situation d’angoisse face à la maladie, la sienne ou celle des proches. C’est donc une vraie réflexion qui sous-tend cette pièce, mais en même temps, elle est extrêmement drôle.


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Mercredi 29 juillet. 21 heures, abbaye Sainte-Claire.
Aucassin et Nicolette, chantefable anonyme du XIIIe siècle. Mise en scène de Stéphanie Tesso
n.
Jean-Paul Tribout:
Ce n’est pas à proprement parler un texte théâtral, mais il était bel et bien destiné à la représentation. En fait avec la chantefable, on est davantage dans le domaine du conte musical, mêlant des phases chantées en vers et des passages narratifs en prose. Aucassin et Nicolette est la seule œuvre de ce genre qui nous soit parvenue; c’est une histoire d’amour courtois, dans laquelle un jeune chevalier tombe amoureux d’une belle esclave sarrasine. La langue nous est assez étrangère, et l’univers de l’amour courtois aussi, mais Stéphanie Tesson a réussi un très beau travail tout en sobriété qui nous rend le texte très accessible. La réussite du spectacle, pleinement musical et où la voix elle-même devient instrument, doit aussi beaucoup aux interprètes, Brock, un comédien musicien bruiteur, et Stéphanie Gagneux qui lui donne la réplique.


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Jeudi 30 juillet. 21h45, jardin des Enfeus.
Les Cavaliers, d’après le roman de Joseph Kessel. Mise en scène d’Éric Bouvron et Anne Bourgeoi
s.
Jean-Paul Tribout:
Là, c’est LE spectacle à ne pas rater! comme je le dis toujours, je les aime tous – sinon je ne les programmerais pas – mais certains m’enthousiasment un peu plus que les autres, et Les Cavaliers est de ceux-là. D’ailleurs, c’est le «spectacle Carambar»* du festival, à égalité avec Le Serment d’Hippocrate! J’ai lu cette vaste épopée il y a quelques années et quand j’ai appris qu’on se lançait dans une adaptation pour le théâtre, je me suis dit que c’était une entreprise impossible. Le cinéma s’est déjà emparé de cette œuvre – Pierre Schoendorffer a réalisé La Passe du Diable en 1956, et John Frankenhheimer Les Cavaliers en 1971, avec notamment Omar Sharif mais déjà je trouvais que ça n’arrivait pas à la cheville du livre. Et là, curieusement, à quatre comédiens, ils amènent, littéralement, l’Afghanistan sur le plateau. C’est une réussite totale, grâce notamment à Khalid K., un chanteur musicien bruiteur qui rend présents, au sens le plus propre de l’expression, la couleur, les parfums, l’ambiance de l’Orient. Et puis il a avec lui des comédiens de grande qualité. Dès que j’ai découvert ce spectacle, l’an dernier à Avignon, j’ai eu envie de l’inviter à Sarlat, et je suis persuadé que les gens qui viendront le voir seront séduits comme je l’ai été.

* Un spectacle est dit "Carambar" quand il a enthousiasmé le directeur artistique au point de ne lui laisser aucun doute quant aux réactions du public – positives, forcément. D'où sa promesse d'offrir un paquet de Carambar à tout spectateur qui dirait avoir été été déçu.


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Vendredi 31 juillet. 21 heures, abbaye Sainte-Claire.
George Sand, ma vie, son œuvre, de Caroline Loeb et Tom Dingler. Mise en scène d’Alex Lutz
.
Jean-Paul Tribout:
Un mot tout de suite sur Caroline Loeb : elle jouit d’une notoriété certaine pour avoir chanté un véritable tube dans les années 1980, C’est la ouate. Mais en dehors de cela, c’est une grande comédienne qui, ici, est partie d’un argument assez bateau – elle incarne un écrivain qui doit remettre à son éditeur, à une date très proche, un texte sur George Sand, mais elle est bloquée. Alors elle est prise entre ses blocages d’auteur, ce que lui apporte sa découverte de l’œuvre de George Sand ‒ avec tout ce que cela peut avoir de stimulant à travers ce que représente la liberté de pensée de cette femme au XIXe siècle ‒, et ses propres problèmes quotidiens – son fils en pleine crise d’adolescence, les affres sentimentales de sa mère septuagénaire… Caroline a très joliment entrelacé tout cela, dans une mise en scène signée Alex Lutz, d’ordinaire plutôt orienté vers le one-man-show humoristique.


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Samedi 1er août. 21h45, jardin des Enfeus.
Courteline, courtes pièces, florilège de pièces courtes de Georges Courteline choisies, montées et mises en scène par Jean-Daniel Laval
.
Jean-Paul Tribout:
Courteline, qu’on connaît beaucoup pour Messieurs les ronds de cuir, a beaucoup écrit pour le théâtre mais essentiellement des pièces courtes, ce qu’on appelle des «levers de rideau». C’est une tradition qui s’est perdue et on ne monte quasiment plus de levers de rideau, alors Jean-Daniel Laval a eu l’idée de sélectionner quelques-unes de ces pièces courtes ‒ une douzaine, je crois, dont la plus connue, La Peur des coups, est aussi la plus longue et dépasse le quart d’heure ‒, de les monter puis ensuite de les agencer à sa guise. Celle que je préfère, personnellement, c’est Le Gora, une pièce délicieuse fondée sur des jeux de langage à partir d’erreurs de compréhension et de prononciation de l’adjectif «angora», à propos d’un petit chat… Pour les représenter, dans une volonté d’affirmer la théâtralité, il a construit une sorte de théâtre dans le théâtre, comme un castelet de marionnettiste – il avait utilisé un dispositif analogue pour un spectacle intitulé Le Petit monde de Guignol.


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Dimanche 2 août. 19 heures, jardin du Plantier.
Fabula buffa, de Ciro Cesarono, Fabio Gorgolini et Carlo Boso. Mise en scène des auteurs
.
Jean-Paul Tribout:
Pour cette représentation que l’on veut familiale, accessible aux enfants et adaptée au plein air en lumière naturelle, on invite en général des spectacles de commedia dell’arte, qui sont parfaitement adaptés à ces contraintes. J’ai contacté Fabio Mara, qui était venu l’année dernière avec un très beau spectacle de commedia contemporaine, Teresina, mais il n’avait rien à me proposer. Alors il m’a mis en relation avec une autre compagnie italienne – mais basée en France – qui a créé une fabula buffa, en référence au Mistero buffo de Dario Fo. Je n’ai vu que des extraits du spectacle mais ils sont très convaincants, et l’argument me plaît bien : il s’agit de deux mendiants, l’un aveugle et l’autre boiteux, qui gagnent leur vie grâce aux aumônes que leur vaut leur handicap. Et puis ils sont, si j’ose dire, victimes d’un miracle : l’un recouvre la vue et l’autre est débarrassé de sa boiterie. Du coup, leur vie devient, contre toute attente, beaucoup plus difficile…


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Lundi 3 août. 21h45, jardin des Enfeus.
Voyage avec ma tante, de Graham Greene. Mise en scène de Nicolas Briançon
.
Jean-Paul Tribout:
Et pour clore le festival, encore une adaptation d’une œuvre non théâtrale. En l’occurrence un roman de Graham Greene, un auteur un peu oublié aujourd’hui mais qui a connu un certain succès durant l’après-guerre. Nous retrouvons Nicolas Briançon – mais cette fois à la mise en scène – et, dans la distribution, des comédiens qui sont déjà venus à Sarlat, notamment Claude Aufaure, et Jean-Paul Bordes. L’argument en soi n’a pas grand intérêt – il s’agit d’un Anglais dans tout ce qu’il y a de plus british, qui mène une vie tranquille de retraité et dont l’existence paisible est bouleversée par l’arrivée d’une vieille tante excentrique, qui va l’emmener dans un voyage autour du monde… au cours duquel il va rencontrer une pléiade de personnages folkloriques – mais le spectacle, lui, est extrêmement virtuose : les quatre comédiens doivent jouer une trentaine de rôles, dont certains particulièrement typés, par exemple un prince hindou, ou bien… un perroquet sur un perchoir ! Le spectacle a été créé cet hiver, au théâtre de la Pépinière, et il a rencontré un succès immédiat auquel Nicolas Briançon lui-même ne s’attendait pas. Ce n’est pas étonnant, car c’est vraiment brillant, et très drôle.


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CODA

Jean-Paul Tribout vient de signer sa vingtième programmation. Un anniversaire qui se marque, et fait écho à celui que l’on fêtait l’an dernier: les vingt ans de présidence de Jacques Leclaire à la tête du comité du festival. La célébration s'était coulée dans la fin joyeuse du dernier spectacle de la 63e édition – une résurrection du célèbre cabaret germanopratin Le Tabou par une troupe de jeunes comédiens frais sortis de leur école d'art dramatique pleins d'énergie et de talent. C'était un beau nœud d'époques pour souffler vingt bougies...

Voilà donc un compagnonnage qui commence d’avoir derrière lui cette longévité qui fait la patine, le lustre unique que donne aux choses comme aux événements le cours d’une histoire qui les enveloppe, et les entraîne. Ce ne devait être au tout début qu’une collaboration ponctuelle et éphémère – une année, deux peut-être… pas plus. Mais quelque chose s'est noué qui est peut-être de l’ordre de la magie et l’histoire commune entre Jean-Paul et le festival sarladais est encore en cours d’écriture, au bout de vingt ans…
«Nul besoin de lui dire “Jean-Paul, reste“; il est bien là et fait partie intégrante du patrimoine culturel de Sarlat», écrit Jacques Leclaire dans le petit livret-programme 2015 après s’être demandé «pourquoi l’histoire s’arrêterait-elle là?» – oui, en effet, pourquoi faudrait-il imaginer que s’interrompe un festival qui, en soixante-quatre éditions, s’est acquis une haute estime générale, aussi bien auprès des artistes que du public… Sont invariablement plébiscités la convivialité de l’accueil, la chaleur des contacts, la qualité des programmes – le tout valorisé, bien sûr, par le cadre exceptionnel qu’offrent la cité périgourdine et ses environs. Depuis que je suis d’aussi près que je le peux ce festival, je ne cesse d’admirer l’engagement, la disponibilité de tous ceux qui lui permettent d’exister – le cœur, l’enthousiasme et l’amour du théâtre autant que le respect des spectateurs et des artistes demeurent les maîtres mots de la fête, quoi qu’il arrive. Et Dieu sait que chaque édition réserve son lot d’imprévus, auxquels il faut faire face dans l’urgence quand il a déjà fallu puiser dans des trésors de détermination et d'ingéniosité pour pallier le manque de moyens – par exemple les aléas météorologiques qui contraignent à se replier au Centre culturel après que les équipes ont consacré une grande partie de l’après-midi à des ajustements techniques qu’il faudra revoir de A à Z une fois rendus en salle fermée. Pourtant, toujours, le miracle a lieu.

Puisse la fête des Jeux du théâtre se poursuivre longtemps ainsi…

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