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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 10:31
Retombée

À de certains moments, une fois posé le point final à l’une ou l’autre tâche que l’on devait accomplir – ou que l'on s'était donné pour mission d'accomplir… – l’on se sent léger, comme ensoleillé de l’intérieur et gagné d’allégresse. Les heures à venir semblent élargies tant leur horizon est dégagé de ce devoir désormais achevé, ouvertes à ces grands vents que l'on respire à pleins poumons et dont on se dit qu'ils déverrouillent de leur souffle puissant tous les obstacles que l'on avait à profusion, et de soi-même, dressé devant soi. Que va-t-on donc entreprendre maintenant que l'on s'est libéré? Quel désir va-t-on satisfaire? à l'ineffable sensation de légèreté succède la joyeuse fébrilité du choix libre, de ces "possibles" dont la liste n'appartient qu'à soi et qu'aucun dictat extérieur n'a imposés.

Tout devrait être simple, alors, et source de plaisir: ne rien faire d'autre que ce dont on a envie! Pourtant, à peine entamée l'ascension de cette première "heure libre", déjà elle s'obombre d'échecs. De déceptions. D'incapacité à... Et au fil des minutes surgissent, les uns après les autres, de noirs abîmes saturés de la peur glacée du TEMPS-QUI-PASSE, à quoi il n’est aucun remède car il passe quelque tentative que l’on fasse pour en freiner la marche, traînant avec lui ses inexorables cortèges de pertes et de défaites qu’aucun bonheur, aucune joie, eussent-ils nom béatitude, ne me semblent pouvoir compenser.

Ainsi, passé l’éphémère bien-être que m’offre ce précieux instant de légèreté et qui me porte dans les hauteurs d’une enthousiaste motivation, tel un ballon gonflé d’hydrogène demeurant en suspension dans les airs, ai-je pour habitude de très vite retomber dans les affres du découragement, de la même façon que le ballon, laissant peu à peu échapper son gaz, finit par choir au sol jusqu’à n’être plus qu’une pathétique enveloppe fripée et ratatinée que piétinent les passants inadvertants – mais après tout, quelle raison auraient-ils de prendre garde à ce chiffon de baudruche, tout abîmé dans la poussière du chemin et dont les couleurs vives disparaissent sous les souillures terreuses ? Et moi, comme lui dans la terre pulvérulente, je me rencoigne, de tout mon être ramassée dans mes ressassements inaboutis, dans la sempiternelle mastication de mes impuissances au goût de bile que, sans doute, ferait passer une bonne culpédothérapie.

"Allez, va donc retrousser ta jambe de pantalon! Applique sans tarder cette thérapie… de choc" me suis-je enfin dit - à me tancer je ne suis pas si mauvaise. Mais pour ce qui est d'agir...

NB. Le flou de la photo n'est pas volontaire. C'est une erreur de prise de vue. Mais comme cet aspect répond fort bien, à mon sens, au texte que j'ai fini par écrire, j'ai quand même choisi cette image pour l'accompagner.

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  • : Terres nykthes
  • : Ce blog au nom bizarre consonant un rien "fantasy" est né en janvier 2009; et bien que la rubrique "archives" n'en laisse voir qu'une petite partie émergée l'iceberg nykthéen est bien enraciné dans les premiers jours de l'an (fut-il "de grâce" ou non, ça...) 2009. C'est un petit coin de Toile taillé pour quelques aventures d'écriture essentiellement vouées à la chronique littéraire mais dérivant parfois - vers où? Ma foi je l'ignore. Le temps le dira...
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  • Yza
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui

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