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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 13:29

D’où me vient donc cet infléchissement, cette défaite de tout l’être, ce ploiement intérieur qui courbe le corps et le plombe, sans qu’aucune douleur sensible, aiguë ou sourde mais persistante, se manifeste? Pas même une once de vraie fatigue qui puisse justifier cet abattement – sommeil excellent, travail sans excès, exercice physique modéré sans gêne particulière… Ce qui achève de me vaincre est de comprendre combien je me leurre en attribuant à cet état déliquescent telle au telle cause objective – l’impossibilité de terminer une chronique à laquelle j’accorde beaucoup d’importance, le désagrément de ne pas parvenir à mes fins photographiques, voire les perturbations que provoquent des voisins bruyants qui, en réalité, ne font rien autre que vivre leur vie d’artistes musiciens et qu’en d’autres moments, sans doute, je tolérerais mieux en dépit du niveau déplorable d’isolation sonore de mon appartement. À rien de tout cela que je crois me miner ne saurait être imputée la raison de cet avachissement où règnent l’absence de motivation et de désir, l’extinction radicale de toute énergie. Mais alors où chercher l’origine de cette froidure de braises mortes? Pourquoi le souffle vital sans qui elles ne peuvent brasiller, cet indéfinissable élan impossible à décrire mais dont on sent la chaleur et que l’on sent à l’œuvre derrière chaque geste accompli dans la simple joie de l’accomplissement, fût-il des plus quotidiens, des plus banals, m’a-t-il ainsi désertée?


Peut-être un effet rampant d’un tout récent «anniversaire», jour prétexte à fête et à rires pour la plupart des gens mais qui pour moi, s’il fallait absolument le distinguer des autres jours de l’année quand il n’a rien de particulier considéré à l’aune de l’écoulement continu du temps, donnerait plutôt envie de prendre le deuil, comme le «Nouvel An», d’ailleurs – la marque d’une année passée, à titre personnel ou général, c’est un étrécissement de perspectives, un abaissement d’horizon, le moment où l’on mesure avec plus d’acuité quand on est un adulte mature combien est immense l’écart avec son enfance, quand on désirait fort de grandir et que l’on s’occupait l’esprit à rêver de ce que l’on ferait «plus tard», un «plus tard» imaginé sans bornes. Celles-là se dressent peu à peu, au long de la vie, et c’est au nombre, à la fréquence allant croissant de leurs surgissements, aux limites toujours plus restreintes qu’elles assignent aux «plus tard», que l’on sait à quel point on vieillit.


Mais de cela je ne suis même pas sûre. Sans doute suis-je en train d’activer quelque soufflet de forge à tâcher, de la sorte, de trouver un «chemin de mots» qui puisse donner corps à cet avachissement putride, délétère, asphyxiant et incapacitant. Là encore, ce n’est qu’une soupape brièvement ouverte. Et je sais bien que rien n’apparaîtra de l’obscure source de cette morbidité, que le jour n’est pas venu où je pourrai enfin la combler pour en faire taire à jamais le débit… Mais une éclaircie même éphémère est toujours bonne à contempler (cette simple phrase me laisse penser que le soufflet d forge n’a pas été tout à fait inefficace. Que l’un de mes pieds au moins reste disposé à frapper fort le fond du gouffre pour me rapprocher d’une issue…).

Couleur d'humeur...

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  • : Ce blog au nom bizarre consonant un rien "fantasy" est né en janvier 2009; et bien que la rubrique "archives" n'en laisse voir qu'une petite partie émergée l'iceberg nykthéen est bien enraciné dans les premiers jours de l'an (fut-il "de grâce" ou non, ça...) 2009. C'est un petit coin de Toile taillé pour quelques aventures d'écriture essentiellement vouées à la chronique littéraire mais dérivant parfois - vers où? Ma foi je l'ignore. Le temps le dira...
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  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui
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