Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 14:08
Lettre de l'absente

Sarlat, lundi 4 août.


Chers amis du Carrozzone Teatro ‒ Fabio, Sonia et Claudio, qui êtes venus hier jouer Teresina,


Je ne suis pas venue vous voir au Jardin du Plantier, malgré l’envie que vous m’aviez donnée au matin d’assister à la représentation – j’avais aimé déjà votre seule présence à Plamon, comme si vous étiez déjà "en jeu" sans pour autant jouer; ce que vous aviez dit chacun de votre parcours, et de la pièce, œuvre originale entièrement écrite par Fabio mais empruntant à la tradition de la Commedia dell’arte, dont l’argument ne doit rien au procédé du "canevas". Une fois de plus, "l’effet Plamon": les artistes, parfois d’autres spectateurs, qui poussent vers la billetterie ceux qui n’ont pas encore pris leur place. Mais j’ai résisté car il me fallait aussi travailler un peu… avec tout de même quelques regrets. Lesquels sont devenus bien amers ce matin, en écoutant le torrent de louanges chaleureuses qui vous ont été adressées.
Certes je n’ai pas vu Teresina, mais vous n’en avez pas moins laissé en moi un souvenir prégnant – la façon dont, tous les trois, vous avez continué le show à Plamon, entre vous, avec le public… comme si les tréteaux du Plantier s’étaient transportés là; comment vous avez raconté, chacun, votre histoire et votre rencontre*; et enfin ce que vous, Fabio, avez dit du masque, que je crois pourvoir approximativement transcrire ainsi: Le masque ne dissimule pas le comédien, au contraire: il oblige à être vrai, à jouer vrai. S’il n’y a pas de sincérité d’acteur qui illumine le masque, celui-ci n’est qu’un bout de cuir…
En à peine plus d’une heure d’une réunion plamonaise à l’autre, vous m’avez tous les trois conquise. Le nom du Carrozzone Teatro est désormais bien gravé dans ma mémoire.
Au plaisir de vous découvrir bientôt sur les planches,
Isabelle

* Fabio Marra, napolitain, est arrivé en France avec quatre compagnons comédiens, parlant à peine le français, et jouant dans les rues. Aujourd’hui sa compagnie se produit dans les salles, tourne beaucoup, et compte onze membres. Il écrit désormais ses propres spectacles – d’abord en napolitain, qu’il traduit ensuite avant de donner les textes à relire à une éminente traductrice qui de plus connaît excellemment le théâtre italien.
* Sonia Palau est catalane; rêvant d’une école de théâtre à Paris, elle a pu concrétiser son rêve et a suivi une formation dramatique classique, fondée sur le "théâtre à texte". Elle a rencontré Fabio par hasard, chacun jouant de son côté et il lui a proposé de travailler avec lui; c’est ainsi qu’elle s’est initiée au spectacle de rue, une forme qui l’effrayait un peu mais dont elle dit maintenant qu’elle lui a énormément appris.
* Claudio del Vecchio a lui aussi rencontré Fabio par hasard, à Paris. L’un se produisait sur l’esplanade de Beaubourg, l’autre à Paris-Plage… Enthousiasmé par ce que Fabio lui avait donné à voir, Claudio a écrit une musique qu’il est venu lui proposer comme étant la musique de [son] prochain spectacle. Et voilà gagné un compagnon de route…

Tout cela retenu de Plamon, à prendre avec les précautions qu'exigent les trahisons probables de la mémoire (et peut-être le zeste de légende dont auraient été relevés les récits?)

TERESINA
Pièce écrite et mise en scène par Fabio Marra (texte publié par les éditions Les Cygnes).
Avec:
Fabio Marra, Sonia Palau (et le musicien Claudio del Vecchio).
Scénographie:
Stefano Perocco
Costumes:
Giuseppina Minopoli, Julie Phelouzat, Isabelle Bartoletti.
Masques:
Stefano Perocco, Fabio Marra.
Marionnettes:
Carrozzone Teatro.
Lumières:
Carrozzone Teatro.
Durée:
1 heure.

Représentation donnée le dimanche 3 août au Jardin du Plantier.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Terres nykthes
  • : Ce blog au nom bizarre consonant un rien "fantasy" est né en janvier 2009; et bien que la rubrique "archives" n'en laisse voir qu'une petite partie émergée l'iceberg nykthéen est bien enraciné dans les premiers jours de l'an (fut-il "de grâce" ou non, ça...) 2009. C'est un petit coin de Toile taillé pour quelques aventures d'écriture essentiellement vouées à la chronique littéraire mais dérivant parfois - vers où? Ma foi je l'ignore. Le temps le dira...
  • Contact

Aux Manettes...

  • Yza
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui

Recherche

Articles Récents

  • Fléchissement de la volonté
    De nouveau le désert, et l'insondable aridité. Aujourd'hui 15 novembre - qui est un jour devenu mémorable depuis 2020, un "anniversaire" donc, mais d'une amertume singulière qui n'a pas encore passé comme sont censées le faire, prétend-on, les plus grandes...
  • Silveries virant (presque) banksie
    En marge des lectures vouées aux chroniques, des travaux de correction, je persiste dans mon intention d'explorer la série des Miss Silver Mysteries en suivant, autant que possible, l'ordre de parution original. Par pur plaisir, et aussi par curiosité...
  • Une belle journée (?)
    Samedi 17 septembre 2022 Le ciel au-dessus de soi Comme un vaste puits de lumière Bleu pur et dur Pas d’issue – les ombres sont abolies Ne reste au loin qu’un horizon nu. Nulle part où aller – pas de repli Rien autre que l’intenable face-à-face avec soi-même...
  • Et si....
    Un de ces "si" avec lesquels tout est possible, pas seulement la mise en bouteille de Paris. Donc pour moi, pour ainsi dire néo-Nykthéenne après une si longue retraite, un retour durable. Et si... ... je commençais par un geste radical? Une décision de...
  • Le grand fossé
    Jamais jusqu’à présent le silence, le grand blanc de l’absence n’avait été aussi long – si long qu’à chaque tentative pour le rompre qui échouait au seuil de l’intention (se résumant à quelques fichiers inachevés fourrés dans un dossier «brouillons»,...

Pages