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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 17:15
Au temps béni du paléolithique...

Au détour d’une de mes errances internautiques, j’ai découvert qu’il se trouvait des "spécialistes" se proposant de remédier aux diverses conséquences de la malbouffe et de la sédentarité croissante en prônant le "régime paléo". Il s’agit de se rapprocher le plus possible du mode d’alimentation de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs… car, selon ces spécialistes, l’agriculture et l’élevage ont amené, à partir du moment où ils ont été mis en pratique, des habitudes alimentaires dommageables pour le système digestif humain. Un premier constat, déjà, agace quand on découvre, par exemple ici, les "grands principes" dudit régime: pourquoi proscrire, parmi d'autres aliments, légumineuses et viandes grasses alors même que tout cela s'obtient, ce me semble, assez commodément en cueillant et en chassant... Ailleurs, je lis, sur le blog d'une adepte récemment convertie qu'elle apprécie beaucoup, comme dessert "paléo", une compote de pommes à la cannelle préparée avec… du beurre! Sur quel arbre l'a-t-elle donc cueilli, son beurre? Et de quel animal dûment chassé l'a-t-elle tiré? Mais passons… Il n'y a à l'évidence pas grand-chose de "paléolothique" dans le régime "paléo", juste quelques recommandations correspondant à ce qui, aujourd'hui, est regardé comme "une alimentation saine et raisonnable". Quant au "plus possible" pointé plus haut, il admet manifestement un très grand écart dans la conduite contemporaine par rapport à ce que l'on croit savoir de l'alimentation des hommes du paléolithique.

D'ailleurs, que pourrait bien signifier de nos jours, "vivre de chasse et de cueillette"? À ne tenir compte que des êtres humains occupant les pays industrialisés et sans parler de ceux que lesdits pays, par leurs diverses exactions environnementales et économiques, ont réduits à un état de misère telle qu’ils n’ont pas de quoi se nourrir même en se rabattant, justement, sur ce que pourrait leur apporter la chasse et la cueillette – que chasser, que ramasser, dans des terres dévastées, gorgées de polluants et stérilisées? À ne tenir compte, donc, que des habitants des pays industrialisés, et au regard du peu d’espace encore dévolu à la vie sauvage où il serait théoriquement possible de chasser et de cueillir, il est clair que l’adoption réelle, effective et stricto sensu d’un tel mode de vie aurait tôt fait d’aboutir à un pillage pur et simple. Le "régime paléo" m'a tout l'air d'être, bien plus qu'une de ces élucubrations (une de plus!!) à remiser aux côtés du crudivorisme et autres instinctothérapies, une étiquette complètement fantaisiste apposée sur des préconisations somme toute assez sensées, et je me demande bien pourquoi aller chercher le paléolithique quand il s'agit simplement de lutter contre les aberrations et gaspillages éhontés, évidemment condamnables, de nos sociétés de consommation. Voilà une preuve de plus qu'il n’y a pas de limites au ridicule – oh certes, le ridicule et, pire, la bêtise, la cruauté, s'expriment en maints autres domaines, à de bien plus vastes échelles et de manières plus criantes, plus révoltantes... De quoi hurler d'indignation en continu (au risque d'étouffer de colère et je n'ai pour l'heure nulle inclination suicidaire...) quand, ici, il n'y a qu'à se gausser.

Si le ridicule tuait un peu plus souvent que ne le dit l’adage, tous les problèmes inhérents à la surpopulation humaine seraient très vite résolus… Les survivants pourraient alors chasser et cueillir tout à leur aise, sans crainte de voir les ressources se tarir avant bien, bien longtemps.

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  • : Terres nykthes
  • : Ce blog au nom bizarre consonant un rien "fantasy" est né en janvier 2009; et bien que la rubrique "archives" n'en laisse voir qu'une petite partie émergée l'iceberg nykthéen est bien enraciné dans les premiers jours de l'an (fut-il "de grâce" ou non, ça...) 2009. C'est un petit coin de Toile taillé pour quelques aventures d'écriture essentiellement vouées à la chronique littéraire mais dérivant parfois - vers où? Ma foi je l'ignore. Le temps le dira...
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  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui

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