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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 12:46

C'est désormais chose faite: cette association, née de l'organisation de l'événement "Photovision 94" (une exposition annuelle et thématique réservée aux photographes amateurs du Val-de-Marne, mise en place voici quelque cinq ans) et prolongée par l'engagement enthousiaste de son initiatrice, elle même artiste photographe, Karen Simon, a maintenant pris corps. Statuts déposés, premières adhésions enregistrées, site "en cours de construction" si je ne m'abuse et page Facebook ouverte. L'on en est encore au tout début du chemin - il y a, à l'horizon, une multitude de projets esquissés tous plus attrayants les uns que les autres, mais peu sont concrétisés ou, du moins en voie de l'être. Un cependant a été initié qui verra son aboutissement du 13 au 15 juin prochain; ce sera la première initiative officiellement labellisée "Photovision France" et elle ne manque pas d'envergure: ce sont pas moins de 32 images toutes proposées par les membres de l'association et sélectionnées par son jury qui seront exposées pendant les trois jours que durera le rassemblement de L’Échappée volée au château de Méry, à Méry-sur-Oise. Un rassemblement privé, une durée brève... mais, en termes de prestige et de visibilité pour l'association et pour les œuvres choisies, c'est énorme.

Comme pour les expositions précédemment organisées, il fallait travailler à partir d'un thème - mais, cette fois, le "texte d'accompagnement" n'était pas requis: "Un nouveau regard". J'avoue avoir été fort démunie devant ce libellé, que je trouvais tellement ouvert que toute image pouvait convenir puisque, quelle qu'elle soit, elle procède de toute façon du regard du photographe, et en même temps impossible à traiter car, aujourd'hui où tout ce qui est techniquement possible se fait et est admis en photographie, que peut-il y avoir de "nouveau", de "créatif"? Les plus acrobatiques transfigurations numériques existent déjà, quant à la photographie traditionnelle, simplement argentique ou, plus artisanale encore, fondée sur les procédés anciens (utilisation de la gomme bichromatée, tirages d'épreuves sur papier salé, cyanotypie, calotypie, etc.), elle n'a jamais cessé de se pratiquer. D'ailleurs, technologie numérique et méthodes d'autrefois ne s'excluent pas: certains virtuoses les emploient de conserve pour donner le jour à d'étonnantes créations.

De plus, esthétiquement parlant, là aussi la diversité est immense, tout est permis! L'on commercialise toujours des appareils argentiques rudimentaires dont jadis seuls les adeptes de la photo "clic-clac Kodak" se satisfaisaient et dont s'emparent aujourd’hui des artistes galerisés, des plasticiens de renom... justement parce que l'on érige en "œuvres d'art" ce qui passait pour des photos ratées (couleurs baveuses, cadrages approximatifs, netteté douteuse et flous non intentionnels...). Ce qui était jugé alors bon pour la poubelle s'expose sur les cimaises, fournit matière à publications luxueuses - tel photographe a même commis un livre avec les images tronquées de ses amorces de film!... Qu'est-ce qui donc pourrait être qualifié de "nouveau" aujourd'hui??? Ne voyant (!) vraiment pas, j'ai plutôt entendu "autre" à la place de "nouveau" et, du coup, interprété le mot "regard" de manière métaphorique, au risque de mal comprendre et de tomber dans le contresens interprétatif - mais c'est un risque inhérent aux libellés trop largement ouverts, et "Nouveau regard" se pose, en cette matière, comme sur un trône...

Voici donc les cinq images que j'ai soumises à la sélection du jury - trois argentiques, deux numériques....

À tout seigneur tout honneur comme on dit: d'abord LA lauréate, cette image que j’ai intitulée "Imprésence", vieille de trois ans, saisie lors d'une visite à l'espace Krajcberg qui jouxte le musée Montparnasse. Ce profil à lunettes, démesurément grossi par quelque effet d'ombre portée et dont les lignes me semblaient répondre aux courbes des sculptures exposées, m'avait instantanément conduite à déclencher. Mais la photo n'avait jamais été tirée et, en envoyant le scan du négatif, je craignais bien que l'image ne résiste pas au passage sous l'agrandisseur... Fort heureusement, le tirage, en 30x40, a répondu à mes attentes. Les lunettes, le profil vu seulement par le truchement de son ombre: c’était bien, pour moi, un "autre" regard.

À tout seigneur tout honneur comme on dit: d'abord LA lauréate, cette image que j’ai intitulée "Imprésence", vieille de trois ans, saisie lors d'une visite à l'espace Krajcberg qui jouxte le musée Montparnasse. Ce profil à lunettes, démesurément grossi par quelque effet d'ombre portée et dont les lignes me semblaient répondre aux courbes des sculptures exposées, m'avait instantanément conduite à déclencher. Mais la photo n'avait jamais été tirée et, en envoyant le scan du négatif, je craignais bien que l'image ne résiste pas au passage sous l'agrandisseur... Fort heureusement, le tirage, en 30x40, a répondu à mes attentes. Les lunettes, le profil vu seulement par le truchement de son ombre: c’était bien, pour moi, un "autre" regard.

"Regard captif"… Un graffiti mural où le regard m’est apparu intensifié par le masque, avec effet de claustration renforcé par le cadenas positionné juste sous les yeux – des échos de sens ont résonné que je trouvais accentués par les jeux de réflexion qu’amenait la proximité de la voiture garée dont j’ai pris soin de conserver dans le cadre le rétroviseur et une part du pare-brise (et les sonorités des mots ! ou le bruit des choses vues…).

"Regard captif"… Un graffiti mural où le regard m’est apparu intensifié par le masque, avec effet de claustration renforcé par le cadenas positionné juste sous les yeux – des échos de sens ont résonné que je trouvais accentués par les jeux de réflexion qu’amenait la proximité de la voiture garée dont j’ai pris soin de conserver dans le cadre le rétroviseur et une part du pare-brise (et les sonorités des mots ! ou le bruit des choses vues…).

"Sans la tête"... Un mannequin sans tête - donc sans regard... - de plus vu à travers une vitrine fermée par un rideau de fer à gros maillage: une façon à mon sens bien décalée de poser ses yeux, tant pour le regardeur qui doit les contorsionner pour "voir" que pour le regardé qui n’en a point...

"Sans la tête"... Un mannequin sans tête - donc sans regard... - de plus vu à travers une vitrine fermée par un rideau de fer à gros maillage: une façon à mon sens bien décalée de poser ses yeux, tant pour le regardeur qui doit les contorsionner pour "voir" que pour le regardé qui n’en a point...

"Coup de soleil" mais sans soleil visible, et un regard présent simplement à travers un morceau de paire de lunettes. Tout est tronqué, ou absent. Alors forcément "autre". Reste que c'est un lieu commun (pour ne pas écrire "cliché", évidemment!) que de signifier le regard avec des lunettes!

"Coup de soleil" mais sans soleil visible, et un regard présent simplement à travers un morceau de paire de lunettes. Tout est tronqué, ou absent. Alors forcément "autre". Reste que c'est un lieu commun (pour ne pas écrire "cliché", évidemment!) que de signifier le regard avec des lunettes!

"Œdipe". Comment pouvais-je interroger l'idée de regard sans renvoyer à Œdipe? Quant au masque, blanc, impersonnel... c'est un véritable réceptacle à projections (ouverture large du thème proposé)... Pour moi, et avec cette référence à Œdipe, c'est le théâtre (quel nœud de regards!) l'intemporalité, l'anonymat - donc l'universalité. Ici, de l'aveuglement, "autre" regard par excellence….

"Œdipe". Comment pouvais-je interroger l'idée de regard sans renvoyer à Œdipe? Quant au masque, blanc, impersonnel... c'est un véritable réceptacle à projections (ouverture large du thème proposé)... Pour moi, et avec cette référence à Œdipe, c'est le théâtre (quel nœud de regards!) l'intemporalité, l'anonymat - donc l'universalité. Ici, de l'aveuglement, "autre" regard par excellence….

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  • : Terres nykthes
  • : Ce blog au nom bizarre consonant un rien "fantasy" est né en janvier 2009; et bien que la rubrique "archives" n'en laisse voir qu'une petite partie émergée l'iceberg nykthéen est bien enraciné dans les premiers jours de l'an (fut-il "de grâce" ou non, ça...) 2009. C'est un petit coin de Toile taillé pour quelques aventures d'écriture essentiellement vouées à la chronique littéraire mais dérivant parfois - vers où? Ma foi je l'ignore. Le temps le dira...
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  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui

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