Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 18:35

Miettes

Depuis quelque temps, et compte non tenu du blanc désert, arrivent ici surtout des "brèves d’un jour" ou des "petites errances", mais plus de "chroniques", encore moins d’interviews – catégorie laissée à un abandon que je n’ose croire définitif… – comme si, scripturalement, j’étais devenue incapable de chroniquer ou de développer un propos argumenté, structuré… et que, ne tenant plus au cours ordinaire des choses qu’à coups de fragments erratiques, je ne sache plus que raccrocher un peu de réel à de courtes phrases morcelées. Comme si une douloureuse sensation de vanité montait jusqu’à presque me noyer. Presque: tout est là puisque j'écris ces lignes.

Fil d'Ariane

Voici trois jours je recevais un message me signalant que deux internautes avaient laissé un commentaire à l'un de mes articles datant de... juin 2009. Je serais bien curieuse de découvrir par quels chemins ces internautes sont arrivés là - surtout l'un d'eux, qui est anglophone – alors même que, par je ne sais quel "bug", ou mauvais paramétrage de ma part, la page d'accueil de ce blog n'affiche plus qu'une année d'archives au lieu que tout était affiché avant Kiwi...Curieuse de savoir, aussi, quel est le sens de leurs commentaires, dont je ne vois pas bien quel est leur rapport avec la teneur de l'article...

2009: soit l'aube de ce coin de Toile. Cinq ans, et la visibilité de l'article commenté enfouie dans les trente-sixièmes dessous des moteurs de recherche... Et si... il n'y avait plus personne "aux manettes"? Si ce blog n'était plus qu'une trace post mortem de son créateur? À qui, alors, iraient ces commentaires? À de certains fantômes, ou au défunt créateur, continuant ailleurs une autre existence mais encore réceptifs aux commentaires laissés sur son blog... Third Life au-delà de Second Life. Malgré tout ce temps, et ces milliards de milliards d'octets en circulation, cette double résurgence il y a trois jours: je ne puis m'empêcher de penser à ces étoiles mortes dont on perçoit la lumière bien après qu'elles se sont éteintes, ou à ces photons qui, paraît-il, seraient issus du Big Bang. Des traces, des fantômes, à la fois perceptibles et n'ayant plus rien à voir avec leur point origine.

Et le fil des pensées qui continue de se dévider... Je songe à Schismatrice +, de Bruce Sterling ce roman de science-fiction lu il y a bien longtemps (une dizaine d'années au bas mot) non par pure inclination mais par curiosité dans le cadre de mon activité de rédactrice pour l'un ou l'autre des sites Web auxquels j'ai contribué à mes débuts, et très vite assez désemparée car, outre que je n'avais encore jamais rien lu de cet auteur, j'étais dépourvue de toute culture science-fictionnelle. Je savais donc que je serais incapable d'étoffer ma note de lecture par ces pertinentes mises en perspective qui, à mes yeux, fondent en grande partie la qualité d'un article "critique"... Je finis cependant par écrire ma contribution, qui ne me satisfit guère mais contenta mon "rédac' chef". J'ai encore en mémoire l'état ultime auquel parviennent certains humains qui acceptent de voir leurs organes remplacés au fur et à mesure de leur usure: de prothèses en prothèses, ils finissent physiquement par n'être plus qu'une minuscule somme de circuits, qui de toute façon cesseront un jour d'émettre des signaux – mourront, comme même les étoiles le font. Mais au fait, ma ressouvenance n'a-t-elle pas récrit cette donnée du roman, la dissolvant dans mes propres fantasmes?

Oh que d'eaux

8 et 29 juin: c’est le Festival de l’Oh ! en Val-de-Marne. "L’eau, notre bien le plus précieux" dit le slogan choisi pour signaler l’événement.
Depuis hier en Île-de-France il grisonne, vente et pluviotte, parfois un rai de soleil irise l’averse. Oh que d'eaux...
Hasard objectif?

,

.

Captée ce jour, justement parce que je pensais au Festival de l'Oh: cette feuille dans une flaque, et traversée par un rai de soleil aussi bref qu'incisif. Cette feuille comme une main abandonnée. Langueur...

Captée ce jour, justement parce que je pensais au Festival de l'Oh: cette feuille dans une flaque, et traversée par un rai de soleil aussi bref qu'incisif. Cette feuille comme une main abandonnée. Langueur...

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Terres nykthes
  • : Ce blog au nom bizarre consonant un rien "fantasy" est né en janvier 2009; et bien que la rubrique "archives" n'en laisse voir qu'une petite partie émergée l'iceberg nykthéen est bien enraciné dans les premiers jours de l'an (fut-il "de grâce" ou non, ça...) 2009. C'est un petit coin de Toile taillé pour quelques aventures d'écriture essentiellement vouées à la chronique littéraire mais dérivant parfois - vers où? Ma foi je l'ignore. Le temps le dira...
  • Contact

Aux Manettes...

  • Yza
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui
  • Entre littérature et arts visuels, à la poursuite des ombres, je cherche. Parfois je trouve. Souvent c'est à un mur que se résume le monde... Yza est un pseudonyme, choisi pour m'affranchir d'un prénom jugé trop banal mais sans m'en écarter complètement parce qu'au fond je ne me conçois pas sans lui

Recherche

Articles Récents

  • Voir ou ne pas voir...Chercher à voir ou pas...
    . .. ou les scories d'une sortie photo ratée – ratage relatif puisqu'il en sort ce qui suit. Dimanche 8 octobre. La lumière est belle sous les gris en tumulte du ciel parfois liserés d’un mince rehaut de clarté jaunâtre. Le temps est calme, à peine froissé...
  • In extremis
    Plus que quelques heures avant que soit irrémédiablement (vous entendez? —diablement! et en effet c’est bien de malignité qu’il s’agit quand s'évoque l'implacabilité du temps passant) consommé ce dernier jour de septembre et rien encore n'a été déposé...
  • Rétro-journal sarladais en ... épisodes
    ÉPISODE 2 Vendredi 4 août18 heures. Dans une heure débutera la représentation au Plantier. La chaleur est écrasante et le ciel d’un bleu obstiné, têtu. Le soleil, à 19 heures, sera encore assez haut pour faire taire les ombres qui pourtant s’allongent...
  • Petite pensée déprimée
    Trouver le chemin qui mène du percept, ou de la pensée, au texte puis en couvrir la distance de bout en bout… cela m’est chaque jour plus difficile. Et je ne fais guère plus que rêver mes phrases au lieu de les écrire – rêvées, encore intangibles, elles...
  • Rétro-journal sarladais en … épisodes
    La 66e édition du Festival des jeux du théâtre de Sarlat s'est achevée le samedi 5 août. Dès le lendemain s'esquissait quelque chose qui semblait bien se tenir au long d'une ligne d'écriture qui ne demandait qu'un peu de constance pour se réaliser en...

Pages